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Turquie : bras de fer diplomatique avec les Pays-Bas et l’UE

La Turquie ne compte pas rester silencieuse face à ce qu’elle appelle des actes xénophobes et racistes en Europe. Dans la crise qui l’oppose aux Pays-Bas, l’Union Européenne a été accusée ce mardi, de prendre partie au préjudice de la Turquie qui a vu ses ministres, interdire de participer à des meetings électoraux pro-Erdogan sur le sol néerlandais.  Et dans ce bras de fer entre Ankara et Amsterdam, les responsables Européens appellent la Turquie à s’abstenir de déclarations excessives.

Par Romuald Hounhoui

Le chef de la diplomatie turc estime que la déclaration de l’Union Européenne n’a pas d’intérêt mais le diplomate regrette qu’elle ait été adressée à son pays et non pas aux pays qui sont les actuels responsables de la violation flagrante des conventions diplomatiques.

Le massacre de Srebrenica refait surface

Le Président turc, Recep Tayyip Erdogan est revenu sur le massacre de Srebrenica que les casques bleus néerlandais n’ont pu empêcher lors de leur intervention sous les drapeaux des Nations-Unies. « Nous connaissons les pays bas et les néerlandais par le massacre de Srebrenica, nous savons combien leur moralité a été entamée  par les 8.000 Bosniaques qui ont été massacrés ». Les autorités néerlandaises ont réagi par l’entremise du premier ministre, Mark Rutte, qui qualifie les propos du président turc de « falsification nauséabonde de l’histoire ». Le massacre de Srebrenica remontait à Juillet 1995 où en l’espace de quelques jours, près de 8.000 musulmans avaient été tués par les forces serbes de Bosnie.

De lourdes Sanctions diplomatiques contre les autorités néerlandaises

Pour joindre l’acte à la parole, Ankara décide de fermer son espace aérien aux autorités néerlandaises. Ceci, avec un effet immédiat. Le Conseil des ministres interdit alors le retour en Turquie de l’ambassadeur néerlandais. La cour européenne sera d’ici là saisi d’une plainte émanant du Président turc. L’ambition est de rendre responsable les Pays-Bas et de faire condamner le pays à d’éventuelles sanctions diplomatiques. L’attitude des Pays Bas témoigne, selon le vice-premier ministre turc le déclin de l’UE. « Nous n’avons pas créé cette crise, ni ne l’avons portée à ce niveau » dixit Numan Kurtulmus.

La Turquie prononce la fin de l’accord sur les réfugiés

Les autorités turcs accusent l’Europe de n’avoir pas respecté l’accord sur les réfugiés et estiment que ce pacte pour la Turquie prenait fin. L’accord signé au profit des réfugiés date de mai 2016. Ainsi, près de 70 millions de ressortissants turcs bénéficiaient de la libre circulation dans l’espace Schengen. Et il revenait à la Turquie de prendre des mesures idoines aux fins de canaliser le flux des réfugiés en destination de l’Europe. Le Président turc promet par ailleurs le réexamen du pacte migratoire turco-Européen. Ce pacte avait été signé en Mars 2016 et prévoit notamment le renvoi en Turquie bloqués sur les îles grecques mais aussi tous ceux et toutes celles qui tenteront de traverser la mer Egée. La fondamentale conséquence d’une remise en cause de ce pacte serait une nouvelle pression migratoire sur l’Union Européenne.

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