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Tunisie : le sud du pays embrasé par de violentes manifestations

Le vent du printemps a soufflé une nouvelle fois en Tunisie, depuis le mois dernier, le sud du pays est enflammé par des manifestations qui ont fait un mort et des dizaines de blessés.

Par Nassim Mecheri

Fin avril, plusieurs manifestants  prennent en otage le site d’extraction pétrolière d’El Kammour  dans le sud du pays, et installent pas moins de 170 tentes, le 10 mai dernier, le président tunisien Béji Caïd Essebsi, décide de mettre les champs pétrolifères et gaziers sous surveillance de l’armée, ce qui ne fera qu’envenimer la situation. Rapidement les manifestants sont rejoints par les habitants de Tataouine, où plusieurs affrontements avec les forces de l’ordre ont eu lieu, lundi dernier un manifestant a été mortellement renversé par un véhicule de la garde nationale, ce qui a provoqué une flambée de violence sans précédent. En une poignée d’heures, ce sont les locaux de la garde nationale et de la police qui ont été incendiés ainsi que neuf véhicules de la garde nationale, on dénombre dix-neuf policiers blessés ainsi qu’une cinquantaine de manifestants, la ville voisine de Kébili a connu également des heures mouvementées où trois voitures de la garde nationale ont été incendiées.

Un calme relatif est revenu dans la région après l’enterrement du manifestant tué lundi, après les funérailles, les manifestants sont revenus au lieu-dit d’El-Kamour, où ils ont entamé un sit-in il y a plusieurs semaines déjà pour revendiquer leur droit à l’emploi, au développement de la région et à une répartition plus importante des revenus du pétrole au niveau local. Leurs porte-parole ont annoncé avoir trouvé des intrus sur place à leur retour. Ils ont appelé la garde nationale à revenir là-bas. Avec la police, ont quitté les lieux du sit-in et le centre-ville de Tataouine depuis les affrontements de lundi.

Mardi soir ils n’avaient toujours pas regagné leur poste. Seuls quelques militaires étaient encore présents dans la ville. Tard dans la soirée, entre deux barrages abandonnés, quelques habitants étaient tranquillement assis aux terrasses des cafés. Mais on pouvait toujours observer des traces d’incendie sur la façade du commissariat et du bâtiment de la garde nationale.

Arrestation de quatre personnes pour atteinte à la sûreté de l’Etat et corruption

Par ailleurs quatre personnes, trois hommes d’affaires et un douanier,  ont été arrêtées pour atteinte à la sûreté de l’Etat et corruption a indiqué ce matin un haut responsable tunisien.

Les hommes d’affaires Chafik Jarraya, Yassine Chennoufi et Nejib Ben Ismaïl ainsi que le responsable douanier Ridha Ayari ont été arrêtés mardi en vertu de l’état d’urgence », en vigueur dans le pays depuis novembre 2015, a déclaré ce responsable sous couvert d’anonymat.

« Ils sont impliqués dans des affaires de corruption et soupçonnés de complot contre la sûreté de l’Etat par leur incitation et le financement présumé de mouvements de protestation à El-Kamour et dans d’autres régions », selon lui.

Le gouverneur de Tataouine présente sa démission

 Mohamed Ali Barhoumi, gouverneur de Tataouine a présenté aujourd’hui, sa démission au chef du gouvernement Youssef Chahed. C’est ce révèle l’intéressé sur sa page Facebook, indiquant que des raisons personnelles sont derrière son intention de démissionner.

Mohamed Ali Barhoumi, qui était auparavant juge et procureur adjoint auprès du tribunal de première instance de Gafsa, dont il était également le porte-parole officiel, est devenu gouverneur Tataouine le 29 avril dernier après le limogeage de l’ancien gouverneur Mohsen Ben Ali, suite aux mouvements sociaux qui secouent Tataouine depuis plusieurs semaines.

 

 

 

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