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Togo: vers la fin du bras de fer enseignants-Gouvernement?

Au Togo, les profondes divergences entre le monde éducatif (corps des enseignants) et les autorités connaissent depuis quelques jours une accalmie, après une énième rencontre entre représentants de la CSET (Coordination des Syndicats de l’Education du Togo), de la FESEN (Fédération Nationale des Syndicats de l’Education Nationale) et le Premier Ministre du Togo, Komi Selom Klassou. C’était durant le dernier week-end.

Par Emmanuel-Gaël GADE & Dodo ABALO à Lomé

Depuis la rentrée académique 2016-2017, plusieurs débrayages des enseignants du primaire et du secondaire perturbent avec acuité la vie normale dans les écoles, collèges et lycées sur toute l’étendue du territoire togolais. La principale revendication de ces formateurs togolais réside dans l’amélioration substantielle de leur quotidien (de leur cadre de travail à leurs émoluments). La plupart de ces revendications scolaires se sont renforcées ces cinq dernières années.

Ainsi, depuis plus de six mois, on assiste à une récurrence des mots d’ordre de grève des enseignants, marqués par des descentes fréquentes en tenue scolaire d’élèves dans les rues, «pour réclamer le retour de leurs professeurs en salles, et pour sauver l’année scolaire en cours», clament-ils. Après de longs mois de grogne, la CSET et la FESEN ont décidé de mettre temporairement de l’eau dans leur vin, surtout après que le gouvernement ait annoncé le 17 mars 2017 «le doublement de la prime d’incitation à la fonction enseignante, avec effet immédiat à partir du 1er avril 2017, avant même l’adoption définitive du statut particulier des enseignants (réclamé aussi par ces mêmes éducateurs)». Ces deux organisations syndicales ont de ce fait «suspendu le mot d’ordre de grève qui planait sur la semaine du 20 au 24 mars 2017», mais, par la même occasion, exigent fermement «le reversement des précomptes» opérés par l’Etat sur les revenus des grévistes durant ces derniers mois de débrayage !

Pour consolider la dynamique de dégel entre les deux parties et joindre l’acte à la parole, l’Etat togolais a annoncé ce 20 mars 2017 la mise en place d’une «Cellule ad hoc chargée de régler définitivement les questions des cotisations ou des prélèvements opérés sur les salaires de certains enseignants auxiliaires avant leur reversement dans le cadre de la Fonction publique». Une cellule qui a pour «mission de proposer dans les meilleurs délais des approches de solution sur les questions des cotisations des enseignants auxiliaires à la CRT (Caisse de retraite) et à la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale).

Aplanir durablement des divergences enseignants-Gouvernement

L’objectif des concessions faites en fin de semaine dernière par les autorités togolaises, de l’avis du ministre  de la Fonction Publique, Gilbert B. Bawara, est de trouver les voies et moyens en vue d’un apaisement en milieu scolaire.

D’après ce ministre, il se dégage un constat: «Les solutions ponctuelles ne parviennent pas à régler de façon durable la crise dans l’éducation marquée par les mouvements de revendications récurrents et répétitifs». Après avoir rappelé les multiples défis auxquels le système éducatif national est confronté, le sieur Bawara a souligné que la question de l’adoption du «statut particulier des éducateurs togolais demeure un point crucial. Le  seul problème qui doit se poser actuellement est celui du délai d’application dudit statut qui se situera en toute hypothèse avant la rentrée scolaire 2017-2018».

Par ailleurs, le gouvernement togolais n’écarte pas d’offrir au secteur éducatif local un statut autonome ou un  statut spécial, si certains avantages pécuniaires venaient à être en déphasage avec les dispositions et contraintes prévues par le statut général de la Fonction publique qui s’applique à tous les fonctionnaires togolais. Le ministre de la Fonction Publique a ainsi tenu à rappeler la nouvelle disposition relative à une «prime unique que prévoit le futur statut particulier de l’enseignement». Ceci l’a amené par conséquent à préciser que dans l’esprit de l’octroi d’une «prime unique attachée à la fonction enseignante, les primes de rentrée et de bibliothèque seront mensualisées et fondues dans ladite prime unique». Cette mesure est censée permettre au Gouvernement de régler la question de la violation des règles budgétaires vis-à-vis des institutions de Bretton Woods, et ensuite d’éviter des pertes à gagner au gouvernement, quant aux payements erronés en faveur de certains enseignants en fin de carrière.

Face à la démarche conciliatrice des officiels togolais, pour sa part, Atsou Atcha, coordinateur de la CSET, appuyé par plusieurs autres camarades syndicalistes, a rappelé d’autres doléances et soulevé d’autres inquiétudes parmi lesquelles on retiendra: «(…) La restitution des précomptes au cas où l’année scolaire en cours serait réaménagée et la réparation des précomptes abusifs; l’annulation des affections punitives et des mises sous ordre pour raison de grève; la  cessation des comparaisons  indécentes  sur les médias du salaire de l’enseignant à celui d’autres agents de l’administration»…
Une réorganisation de l’année académique 2016-2017 devrait intervenir durant les prochains jours, face aux perturbations ayant marqué jusque-là la vie scolaire sur toute l’étendue du territoire togolais, a annoncé l’Etat. L’actuel Premier ministre, Selom Klassou, et ses proches collaborateurs ont rassuré à cet effet que le gouvernement rendra public incessamment un certain nombre de décisions transitoires en faveur d’une accalmie plus affirmée dans le secteur éducatif togolais. Dans la même dynamique s’inscrit la promesse gouvernementale d’inviter dans de meilleurs délais la CSET et la FESEN à s’associer au «Groupe de travail sur le secteur de l’éducation» pour la finalisation et la matérialisation d’autres décisions qui seront prises par le gouvernement.

Crédit image : @afriqueinside

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