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Togo : Jean-Pierre Fabre réaffirme pour la 3ème fois son souhait de rencontrer Faure Gnassingbé

Au Togo, après la voie épistolaire le 13 janvier 2017, une relance publique le 11 mars dernier à la faveur d’un meeting politique à Lomé, Jean-Pierre Fabre, sur la base de son statut de chef de file de l’opposition togolaise, a réitéré ce 26 mars 2017 (devant des membres de la diaspora togolaise réunis en France), son «souhait de rencontrer le Président Faure Gnassingbé pour débattre» en tête-à-tête des divers maux urgents de l’heure au Togo.

Par Emmanuel-Gaël Gade et Dodo Abalo

Devant des représentants de la diaspora togolaise provenant d’Europe et d’Asie et réunis le 26 mars dernier au siège de la FFPU (Fédération Française pour l’UNESCO) à Paris, Jean-Pierre Fabre (leader de l’ANC, principal parti d’opposition au Togo, né en octobre 2010) a «réitéré sa volonté de rencontrer, à tout moment et à sa convenance Faure Gnassingbé, conformément à l’article 15 de la loi portant statut de l’opposition, pour discuter des questions des réformes constitutionnelles et institutionnelles, et sortir notre pays de l’impasse actuelle».

La réaffirmation de ce souhait de M. Fabre est mue par «l’acuité des maux sociaux de l’heure au Togo et le blocage constaté au sujet de l’opérationnalisation des réformes politiques et institutionnelles» prévues par l’APG (Accord politique global, conclu le 20 août 2006 à Lomé, et qui est à ce jour le plus large consensus acquis dans la classe politique togolaise). Cette demande d’audience indirecte du Président national de l’ANC intervient après son courrier adressé au chef de l’exécutif togolais en début d’année 2017 et s’inscrivant dans la même démarche, ainsi que son adresse publique à la faveur d’un meeting politique tenu à la mi-mars 2017 à Lomé. Ces relances de M. Fabre n’ont pas pour l’heure suscité le moindre commentaire de la Présidence togolaise aphone publiquement sur la question des réformes.  
 
Faire d’une pierre deux coups

Face à la diaspora togolaise ce 26 mars à Paris (après un crochet en Allemagne pour la même cause), Jean-Pierre Fabre a surtout souhaité «mesurer le chemin parcouru» par l’opposition togolaise dans sa lutte et «raffermir la stratégie pour parvenir à l’alternance pacifique au Togo». Ainsi, devant des représentants des fédérations étrangères de l’ANC, M. Fabre n’a éludé aucun sujet.

«Jean-Pierre Fabre a-t-il touché des milliards de francs CFA auprès du pouvoir de Lomé dans le but de saboter sa lutte»? Face à cette question, ce politique, économiste de de formation, a manifesté son étonnement. «Si j’avais pris des milliards, je devais être à Acapulco et me distraire non? Nous ne disons pas que nous sommes irréprochables, nous ne disons pas non plus que nous sommes savants en politique», a-t-il rétorqué, en minimisant la portée des accusations portées à son encontre.

Evoquant les processus électoraux imminents au Togo, le leader de l’opposition togolaise croit avoir la clé de la transparence devant entourer ces élections dans son pays. Il faut, a-t-il dit, un étranger à la tête de la CENI comme ce fut le cas en Guinée. «A chaque élection, Sangaré (Général malien, ndlr) est à Lomé, et je me souviens qu’on lui avait proposé, compte-tenu de précédents différends électoraux, qu’il fallait mettre à la tête de la CENI togolaise, un étranger ! Il a rigolé, il a dit non puis après, il est allé présider la CENI en Guinée», a-t-il rapporté. Et de préciser que la proposition a été refaite au même expert électoral malien en 2003. «Je connais bien le Général Sangaré, parce qu’il vient à Lomé à chaque élection depuis plus de 10 ou 15 ans», a rappelé M. Fabre, candidat malheureux aux deux dernières présidentielles au Togo, «élections dont il ne reconnaît toujours pas les résultats officiels».

Avenir des chantiers sociaux togolais présentés devant la diaspora

Devant une diaspora togolaise hétéroclite réunie à Paris, le Président de l’ANC s’est aussi épanché sur la situation sociale togolaise, et a dénoncé ce qu’il qualifie de «statu quo, dérives du pouvoir» et proposé des pistes de solutions pour une sortie de crise.

Jean-Pierre Fabre a clos ses propos par une profession de foi, en s’engageant solennellement à ne pas trahir la lutte pour l’alternance démocratique et pacifique au Togo: «La foi qui nous anime demeure inébranlable. Elle convie chacun de nous au dépassement de soi et nous indique, dans le sillage des pères de l’indépendance et fondateurs de la nation togolaise, que ni la médisance, ni les dénigrements, ni la défection, ni la trahison, ni la lassitude, ni l’abandon, ni les répressions sanglantes, ni les tentatives de déstabilisation, d’où qu’elles viennent, ne doivent avoir raison de notre détermination à poursuivre le combat pour libérer le peuple togolais», a-t-il conclu.

La première rencontre officielle et publique entre Faure Gnassingbé et le leader de l’ANC date du 05 mars 2014, à Lomé, au nouveau Palais de la présidence, en présence de proches collaborateurs des deux hommes politiques.

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