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Zimbabwe: des militants de l’opposition passés à tabac

Au moins six militants de l’opposition du Zimbabwe, dont le frère de l’ancien journaliste Itai Dzamara porté disparu depuis mars 2015, ont été frappés par des inconnus vendredi, à quelques heures de manifestations anti-gouvernementales, a affirmé à l’AFP un activiste.
Les militants ont été kidnappés et les voitures appartenant à deux d’entre eux incendiées tôt vendredi matin, selon Sylvanos Mudzvova, membre actif du mouvement Tajamuka (Nous sommes agités) à la pointe de la contestation contre le président Robert Mugabe.
Trois des six opposants kidnappés ont été relâchés et admis à l’hôpital, après avoir été passés à tabac en rase campagne, a ajouté Sylvanos Mudzvova à l’AFP. Parmi eux figurent Patson Dzamara, frère d’Itai.
Sur des photos publiées sur les réseaux sociaux, Patson Dzamara est allongé sur un lit d’hôpital avec des traces de coups dans le dos.
Les trois autres personnes enlevées sont « toujours portées disparues », selon Sylvanos Mudzvova.
La police n’était pas en mesure dans l’immédiat de confirmer ou infirmer ces incidents.
« C’est la chose la plus barbare qu’on puisse faire », a estimé M. Mudzvova. « On ne blesse pas un être humain sous prétexte qu’il ose poser des questions sur ce qui ne fonctionne pas. Ce n’est pas une façon de mettre fin à la dissidence. La seule façon est de s’attaquer aux problèmes », a-t-il ajouté.
Ces intimidations interviennent à quelques heures de manifestations prévues contre la corruption au sein de l’Etat et l’introduction prochaine, sur fond de crise économique, de « billets d’obligation », une nouvelle monnaie qui ne dit pas son nom.
Vendredi matin, la police anti-émeutes patrouillait dans la capitale Harare.
Ce sont les premières manifestations prévues au Zimbabwe depuis des semaines, depuis la fronde contre le président Robert Mugabe qui a secoué le pays il y a quelques mois.
Le héros de l’indépendance, qui dirige d’une main de fer son pays depuis 1980, réprime régulièrement toute forme de contestation. Il compte se représenter à la fonction suprême en 2018, en dépit de son âge (92 ans) et de la grave crise économique que traverse le pays, marquée notamment par un chômage de masse (environ 90%) et un manque criant de liquidités.
Pour desserrer l’étau financier qui l’asphyxie, le gouvernement a décidé de lancer ce mois-ci des « billets d’obligation », indexés sur le dollar, ravivant les craintes de l’hyperinflation du début des années 2000.

AFP

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