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Soudan du Sud : La confusion règne

Que se passe t’il vraiment au Soudan du Sud ? Pour l’heure, personne n’est en mesure de donner avec précision la nature des mouvements de troupes miliciennes ou de l’armée régulière. Une chose est néanmoins certaine, c’est que la tension ne cesse d’augmenter et que désormais, comme le craint l’ONU, un « bain de sang » n’est plus exclu entre fidèles du président actuel Salva Kiir et les miliciens qui soutiennent l’ancien vice président Riek Machar. C’est principalement dans l’Etat de Jonglei, à l’est, que la situation est la plus complexe et en particulier dans la ville de Bor, là ou les troupes se font face. Le gouvernement a accusé son opposant d’avoir réussi à mobiliser plus de 25 000 miliciens, pour la plupart très jeunes, pour lutter contre le pouvoir en place. Ces miliciens composent « l’armée blanche » qui pourrait, selon les dires de Juba, lancer une offensive à n’importe quel moment. Le porte parole des rebelles, Moses Ruai Lat n’a pas démenti la présence de troupes mais a néanmoins affirmé qu’il ne s’agissait pas de miliciens mais de soldats s’étant retournés contre le gouvernement.

« L’armée blanche » synonyme de terreur

Le retour possible de « l’armée blanche » provoque parmi la population mais également à l’ONU, un vent de panique. Ses hommes sont connus pour avoir commis des massacres et semé la terreur des années durant dans la région. C’est pendant la guerre civile, dans les années 90, que « l’armée blanche » a été la plus active, notamment dans les combats qui ont opposé Juba et Khartoum, avant l’indépendance du Soudan du Sud. Même moins présente ces dernières années, elle n’a pas pour autant disparu et a mené plusieurs opérations pour imposer sa propre loi, l’année dernière, tuant à chaque fois des dizaines de personnes. Le porte-parole de la Minuss, la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud, a lui même tiré la sonnette d’alarme, disant craindre que la situation dégénère. Il a appelé les différentes parties à convaincre leurs partisans de rendre les armes. Du côté de la communauté internationale tout est fait pour éviter une escalade de violences. La Chine très présente économiquement parlant, a envoyé un émissaire, les Etats-Unis ont fait de même.

Mais pour l’heure aucune solution n’a été trouvée. Les conditions du dialogue entre Salva Kiir et Riek Machar semblent difficilement conciliables. Sur le terrain les violences se poursuivent et l’ONU a prévenu, en plus des milliers de morts, 120 000 personnes ont été déplacées et les exactions se multiplient, un charnier a même été découvert.

Malik Belkacem

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