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Soudan du Sud : Affrontements à Juba, le pouvoir menacé

Au Soudan du Sud, le pouvoir de Salva Kiir vascille. Son rival, pour ne pas dire ennemi, Riek Machar, l’ancien vice-président limogé en juillet dernier appelle désormais au renversement de l’actuel chef de l’état presque une semaine après le début de combats meurtriers entre des factions de l’armée. Entre dimanche et mardi, on a dénombré plus de 500 morts et 800 blessés. Le risque d’embrasement à tout le pays est réelle. Jeudi, des partisans de Riek Machar ont attaqué une base des Nations unies dans l’Etat de Jonglei. L’attaque a eu lieu à Akobo où des civils et trois casques bleus indiens ont été tués.
En réaction, les Etats-Unis ont évacué au total 280 personnes, des américains et d’autres ressortissants. Le personnel diplomatique a été évacué, l’ambassade fermée. 45 soldats américains ont été déployés dans la région et le chef de la Maison Blanche, Barack Obama, a déclaré que le Soudan du Sud etait « au bord du précipice ». De même la Grande-Bretagne et la Norvège ont rappelé une partie de leur personnel diplomatique.

Risque de conflits ethniques

Parallèlement aux combats entre factions armées, le risque de conflits ethniques serait très élevé selon la haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Navi Pillay. Conséquence des affrontements, 30 000 déplacés , 20000 dans la capitale Juba et 10000 dans la localité de Bor. La ville située à 200 km au nord de Juba, a été prise d’assaut par des forces rebelles fidèles à Riek Machar. Selon les autorités soudanaises, l’opération a été orchestrée par un chef de guerre, Peter Gadet, agissant pour le compte de Machar et impliqué dans la guerre civile entre 1983 et 2005 qui a conduit à l’indépendance du Soudan du Sud. Sur le front diplomatique, plusieurs états voisins ont dépêché des médiateurs pour tenter de désamorcer la spirale de violences en cours. Il s’agit du Kenya, de l’Ouganda, de l’Ethiopie et de Djibouti membres de l’IGAD. L’Autorité intergouvernementale pour le développement a joué un rôle-clé dans l’accord de paix conclu en 2005 entre la rébellion sudiste et Khartoum.

Véronique Mansour
 

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