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Rétrospective 2013 : La RDC en guerre contre les rebelles

Malgré un tournant positif vers l’apaisement au Nord-Kivu dans l’est de la RDC, le climat d’insécurité et de violence reste encore un lourd défi à surmonter. Alors que la République Démocratique du Congo a pris le dessus sur le principal mouvement rebelle du M23 ( Mouvement du 23 mars), le cœur même du pays, Kinshasa la capitale, a subi une attaque lundi 30 décembre. Des hommes en armes ont attaqué dans la matinée l’aéroport et pris le contrôle du bâtiment de la télévision publique dans la capitale. Plus d’une centaine de personnes ont été tuées selon un bilan communiqué mardi par les autorités. Des violences imputées à des partisans du pasteur Paul Joseph Mukungubila, un chef religieux qui s’est proclamé « prophète de l’Eternel ». Une attaque qui s’apparente à une tentative de prise de pouvoir. Le « prophète de l’Eternel » est connu pour son hostilité envers l’accord de paix signé en décembre avec les rebelles tutsis du M23 dans l’est de la RDC. Il accuse le gouvernement congolais d’avoir cédé devant les intérêts des Tutsis et les pressions du Rwanda voisin. 

Reddition du M23

L’accord signé le 12 décembre avec la rébellion du M23 a mis fin officiellement aux hostilités dans la région du Nord-Kivu  dans l’est du pays. Un long processus de paix sous la houlette de la région des grands lacs a été initié. Depuis avril 2012, les forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) combattaient les rebelles du M23 à l’origine de graves violences dans la région. Jusqu’à l’été dernier, leurs efforts semblaient vain. L’activisme des groupes armés locaux et étrangers au Nord-Kivu a causé un climat d’insécurité et de violence avec un risque certain de propagation dans les autres pays de la région des Grands Lacs. Ainsi les pays des Grands Lacs, l’Union africaine, l’ONU ont entamé des négociations à Kampala, la capitale ougandaise, pour tenter d’amorcer des pourparlers entre Kinshasa et le M23. Des négociations difficiles et maintes fois suspendues dans un contexte particulier de suspicion. Kinshasa et l’ONU ont accusé le Rwanda et l’Ouganda de soutenir la rébellion et de participer indirectement à l’instabilité chronique dans la région. Si le processus politique a été privilégié pour résoudre la crise au Nord-Kivu, l’intervention militaire a permis d’ouvrir la voie à un accord de paix.

Mandat offensif pour la brigade d’intervention

Durant l’été, la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) s’est dotée d’une brigade d’intervention au mandat offensif. La plus importante mission onusienne en Afrique avec 20 000 hommes est renforcée notamment par un contingent tanzanien et sud-africain, au total 3000 supplémentaires. Un soutien qui permet aux FARDC d’obtenir une victoire totale sur le M23 en novembre. La rébellion reconnaît sa défaite. L’accord de paix signé le 12 décembre à Nairobi entre le gouvernement congolais et le M23 prévoit la fin de la rébellion, sa transformation en un parti politique légitime, l’amnistie pour ses membres sauf pour les criminels de guerre et des dispositions sécuritaires de transition menant au désarmement. Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a déclaré qu’il s’agissait « d’une étape positive vers la fin des cycles de conflits meurtriers ».

Le conflit a provoqué plusieurs milliers de déplacés et plusieurs centaines de morts. Malgré la reddition du M23, la sécurisation et le retour à la stabilité de la région s’inscrivent dans un long processus. D’autres groupes armées sévissent dans le Nord et le Sud du Kivu. Les autorités congolaises ont promis de s’attaquer à chacun d’entre-eux. Des opérations contre les rebelles rwandais (FDLR ) ont débuté le 27 novembre selon la MONUSCO. Dans le collimateur de Kinshasa également: les rebelles ougandais (ADF /Nalu ).

Par Samantha Ramsamy

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