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Réélection d’Ali Bongo au Gabon : heurts à Libreville et Port-Gentil, Assemblée nationale incendiée

Plusieurs heures après la proclamation de la réélection d’Ali Bongo au Gabon, des  heurts ont opposé des centaines de partisans pro-Ping en colère et les forces de l’ordre. L’assemblée nationale a été incendiée.

Quelques heures après l’annonce de la réélection du président Ali Bongo à la tête du Gabon, des heurts ont éclaté dans plusieurs quartiers de Libreville où les forces de sécurité sont déployés dans les lieux les plus fréquentés. L’opposition et son leader Jean Ping avaient prévenu qu’ils n’accepteraient pas les résultats annonçant la victoire du président Ali Bongo.

Dès l’annonce de la victoire du président Ali Bongo, le rond -point de la Démocratie, point d’accès à la commission électorale a été le théâtre d’affrontements entre des militants et les forces de police qui ont usé de gaz lacrymogènes pour disperser les pro-Ping. Des centaines de personnes tentaient tout de même de converger sur la voie express, brûlant parfois des pneus. « Jean Ping président », « On nous a volé les élections » pouvait-on entendre selon l’AFP.

Ailleurs dans les quartiers acquis à Jean Ping, là encore des scènes de violence perpétrées par des jeunes. En tentant de nous rendre à la CENAP par une déviation par les quartiers derrière la prison centrale de Libreville, nous avons été forcés de faire demi-tour. Un groupe de jeunes armés de roches et de bâton ont violemment forcé plusieurs véhicules à faire demi-tour.

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Des jeunes pro-Ping en colère forcent les véhicules à faire demi-tour- Libreville

Au moins deux véhicules, un bus taxi et un taxi ont subi violemment des lancers de pierres et des coups de bâtons. Le bus taxi a fini dans le ravin, ses passagers ont fui tandis qu’un autre chauffeur d’un taxi a lui fini malencontreusement sa route sur un rond-point. Une scène qui en dit long sur l’atmosphère quasi-explosive dans certains quartiers de Libreville. Chose certaine, ces jeunes, pour la plupart des adolescents incontrôlables ont choisi d’exprimer leur colère par l’usage de la violence.

Le camp de Jean Ping a formellement rejeté les résultats, accusant le pouvoir d’avoir volé la victoire. A l’approche du scrutin, il a pris soin de faire monter la pression en agitant le spectre de la fraude massive. Malgré le dispositif de sécurité pour dissuader les manifestants à descendre dans la rue ( patrouille d’hélicoptère, gendarmes cagoulés), les prochaines heures promettent d’être longues jusqu’à l’apaisement. On note également des troubles à Port-Gentil, la capitale économique du pays où des violences avaient déjà marqué la première élection d’Ali Bongo en 2009.

Dans la soirée, l’assemblée nationale située sur le prestigieux boulevard Triomphal, qui dessert de grandes institutions (siège de la télévision d’Etat Gabon Télévision, Sénat, Hôtel de Ville, Centre culturel français, ministère du Pétrole, ambassades de Chine, de Russie et du Liban…) a été incendiée sans que les forces de sécurité ne ripostent. En 2009, seul Port-Gentil avait subi des troubles , Libreville avait été épargné.

Le président gabonais Ali Bongo a été réélu avec 49,80% des voix, contre 48,23% à son principal adversaire Jean Ping. L’Union européenne et la France ont demandé la publication des résultats pour chacun des bureaux de vote.

La rédaction

 

CREDIT IMAGE MARCO LONGARI / AFP

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