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RCA : L’heure du ménage à Bangui

L’heure de rendre des comptes a sonné en République Centrafricaine. Josué Binoua, chargé de la Sécurité publique, Christophe Bremaïdou, le ministre des Finances et du Budget, et son collègue Joseph Bendounga, chargé de l’Elevage l’ont appris à leur dépens. Tous ont été limogés par le président de la transition Michel Djotodia.

Le cas de Josué Binoua est spécifique selon le ministre des Mines Herbert Gontran Djono Ahaba. Selon ce dernier, Josué Binoua serait impliqué dans un putsch manqué et imputé le 5 décembre à l’ancien président François Bozizé. « Concernant le ministre de la sécurité publique, une enquête avait été ouverte par le parquet par rapport au putsch manqué. Il y a eu des effets militaires en quantité énorme qui ont été saisis à son domicile, il doit répondre par rapport à ses actes. » affirme-t-il avant d’ajouter « le 5 décembre il y a eu tentative de coup d’état de Bozizé, les milices armées anti-Balaka, les membres de l’ex-garde présidentielle de Bozizé ont tiré. »

S’agissant du ministre des finances et de celui de l’élevage, ces derniers ont été démis de leurs fonctions au motif qu’ils ne faisaient plus leur travail. Tous les deux n’ont pas quitté la République Centrafricaine selon le ministre des mines Herbert Gontran Djono Ahaba. Quant au pasteur Josué Binoua, une enquête est en cours pour établir ses responsabilités dans ce que les autorités centrafricaines appellent le putsch manqué du 5 décembre. Cet ancien ministre du régime Bozizé affirme que les armes retrouvées chez lui étaient répertoriées et destinées à des agents de la sécurité publique. L’ancien candidat à la présidentielle de 2005 dispose de la nationalité française. Il aurait quitté le pays après avoir été exfiltré par l’armée française vers le camp Mpoko il y a quelques jours. Une exfiltration que les autorités de la transition, et surtout le ministre des mines que nous avons pu interrogé ce lundi 16 décembre, sembleraient ignorer.

Djotodia soigne son image

L ‘annonce de ces limogeages par le président de la transition Michel Djotodia, que beaucoup jugeront tardive, intervient au lendemain de vives critiques à son égard de la part de la France notamment. A Paris, lors du sommet sur la paix et la sécurité, le président français François Hollande avait clairement laissé entendre que Michel Djotodia, ex-chef de la Séléka, n’était pas à sa place en raison des violences et de l’insécurité dans le pays. Dans le même temps, le chef de l’Etat français a reçu avec les honneurs le Premier ministre de la transition Nicolas Tiangaye. Dans le camps de Michel Djotodia, on affirme que tout va bien avec les autorités françaises surtout depuis la venue de François Hollande en Centrafrique dernièrement après la morts de deux soldats français sur le terrain des combats. Mais ce lundi, le ministère français des affaires étrangères a indiqué que le limogeage de trois ministres et du directeur du Trésor en Centrafrique, décidé par le président Michel Djotodia, est en contradiction avec les accords de transition et risque d’aggraver l’instabilité dans ce pays.
Lors d’un mini-sommet sur la RCA à l’Elysée, Paris a annoncé que la transition serait écourtée. Les élections devraient se dérouler au plus tard en février 2015. Le temps donc, de laisser les troupes françaises et la Misca rétablir l’ordre et la sécurité, de désarmer les milices et faire taire les affrontements interconfessionnels entre musulmans et chrétiens. 1600 soldats français et 2500 militaires africains sont présents en RCA. Le pays est en proie à une crise sécuritaire et humanitaire, qui a coûté la vie à plus de 600 personnes au début du mois de décembre, selon un bilan de l’ONU.

Par Samantha Ramsamy

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