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Centrafrique : La MISCA aux commandes.

Le calendrier est respecté. Comme prévu, la MISCA a pris le relais de la FOMAC. Ce qui signifie que la Communauté des états d’Afrique centrale ne commande plus les opérations sur le terrain. Celles-ci sont désormais entre les mains de l’Union Africaine. La MISCA est considérée comme un avatar de la MICOPAX, la Mission de consolidation de la paix en République Centrafricaine en place depuis le 12 juillet 2008 sous la responsabilité de la CEEAC. La MICOPAX est venue remplacer la Force multinationale en Centrafrique (FOMUC) lancée en 2002 par la Communauté Economique et Monétaire de la République Centrafricaine (CEMAC). Ainsi, la MISCA ouvre une nouvelle page de la longue histoire des forces de sécurisation déployées en Centrafrique depuis plus d’une décennie.

Plusieurs scénarios possibles

Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est engagé à soutenir cette nouvelle force. Sur la base de la résolution 2121, plusieurs scénarios seraient envisagés. Cela pourrait se traduire par des aides bilatérales ou multilatérales pour permettre le bon fonctionnement de la Misca, un paquet de soutien logistique et technique ou bien transformer la Misca en opération de maintien de la paix des Nations unies. Cette force pourrait être renforcée en fonction de la situation sur le terrain dans les mois à venir. Reste le coût financier d’une telle opération que ni l’Union Africaine, ni la CEEAC n’envisagent concrètement pour l’instant.

Aujourd’hui forte de 3600 hommes, la MISCA peut compter sur le soutien des militaires français au nombre de 1600 en Centrafrique. L’Union Africaine ambitionne de porter ses effectifs à 6000 hommes en février. Parmi les pays contributeurs, on peut citer le Gabon, le Tchad, le Cameroun, le Congo et le Burundi également. La mission sera dirigée par le général congolais Jean-Marie Michel Mokoko, proche du président Denis Sassou Nguesso, médiateur dans la crise centrafricaine. Reste que cette force présente de nombreux déficits en matière d’organisation mais aussi au niveau logistique (ravitaillements et paiement des soldes). Qui va payer la facture ? L’Union Européenne promet une enveloppe de 50 millions d’euros, les Etats-Unis 40 millions de dollars. Quant à l’Union Africaine, elle s’est engagée à financer la MISCA. Jusqu’à présent, c’est la CEEAC qui mettait la main à la poche.

La transition divisée

Sur le terrain, la tension semble être retombée selon des sources militaires françaises. Et cela alors même que se tient à Bruxelles un conseil de l’Europe où il sera question de la défense et du soutien européen à l’intervention française. Sur ce dernier point, la France ne semble plus isolée, elle pourra compter sur le soutien de la Belgique et de la Pologne. Mais Paris va tenter, à Bruxelles de convaincre ses partenaires de créer un fonds européen permanent pour financer les interventions d’urgence dans les pays en crise, comme la Centrafrique.

Dans le même temps, se joue une autre partie au niveau de l’exécutif en Centrafrique. Rien ne va plus entre le président de la transition Michel Djotodia et le Premier ministre Nicolas Tiangaye. Ce dernier tout comme la France a exprimé son désaccord à la suite du limogeage de trois ministres par Michel Djotodia. Une rencontre sous l’égide du médiateur congolais, le président Denis Sassou Nguesso est prévue ce jeudi pour remettre la transition sur les rails conformément aux accords de Libreville.

Véronique Mansour

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