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Paix et sécurité en Afrique : La France balise le terrain

Devant un parterre d’une quarantaine de chefs d’ Etat et les délégations de 53 pays africains, le président français François Hollande a rendu hommage au héros de la lutte anti-apartheid, invité ,sans le vouloir, de dernière minute au sommet sur la paix et la sécurité. Certains, et peut-être l’hôte de la conférence lui-même, y ont vu un signe alors que des zones du continent si cher à Nelson Mandela sont en proie à l’insécurité. « Nelson Mandela n’est plus là. Mais son message , lui, continuera à vivre, à inspirer les nouvelles générations … » a déclaré François Hollande face à ses homologues du continent avant d’ajouter « le destin veut que l’Afrique soit réunie , ici à Paris, dans un sommet sur la paix et la sécurité »

Une France interventionniste et décomplexée

La minute de silence en hommage à Madiba n’a pas occulté, bien au contraire, les enjeux du sommet. L ‘insécurité reste un défi à surmonter en Afrique subsaharienne. Après le Mali, la France vient d’engager ses troupes en République Centrafricaine secouée par des violences. Le contexte et les causes de l’intervention française soutenue par l’ONU sont différents mais le discours de François Hollande pas vraiment. « l’Afrique doit assurer par elle même sa sécurité. Je dis bien, par elle-même, sa sécurité. Cette phrase pourra surprendre à un moment où la France est appelée à intervenir dans un pays, la Centrafrique, à la suite d’une résolution du Conseil de sécurité, à la demande de l’Union africaine » a expliqué François Hollande, avant de souligner les insuffisances de l’architecture militaire et sécuritaire du continent justifiant ainsi l’action des militaires français sous mandat onusien en Centrafrique.

La France formera 20 000 soldats africains

La promesse d’une nouvelle coopération sur le plan sécuritaire constitue le principal enjeu du premier sommet Afrique -France sous l’ère Hollande. Ainsi pour renforcer l’intégration militaire en Afrique, la France se propose de former 20 000 militaires africains par an durant 5 années. Les deux organisations sous -régionales en Afrique Subsaharienne , à savoir la CEDEAO , la communauté des états d’Afrique de l’Ouest et la CEEAC , la communauté des états d’Afrique centrale devraient bénéficier de l’expertise politico -militaire de la France. Le but affiché à terme : créer une force d ‘intervention rapide , la CARIC (capacité africaine de réaction immédiate aux crises) . Celle-ci devrait être opérationnelle en 2015, les chefs d’Etat africains en ont adopté le principe en mai dernier. Est-ce à dire qu’ils admettent leur incapacité à construire seuls leur politique de défense commune ? Les propositions de François Hollande soulignent implicitement l’impuissance ou le manque de volonté politique des pays africains à se doter par leurs propres moyens d’une capacité d’intervention militaire. Dix après la décision de créer une force africaine en attente (FAA), toujours rien à l’horizon. La lenteur et les hésitations de la CEDEAO pour constituer une force commune d’intervention au Mali , faute de moyens financiers et logistiques ,restent en mémoire.

Pas de développement sans sécurité

Aussi, François Hollande ne s’est pas contenté de souligner l’intérêt commun de la France et de l’Afrique à œuvrer ensemble pour la paix et la sécurité. La coopération s’élargit à la lutte contre le terrorisme , la piraterie et le trafic de drogue en Afrique de l’ouest. La stratégie de la France se veut claire et décomplexée. François Hollande l’a rappelé, « la sécurité c’est aussi le développement et le développement c’est aussi la sécurité …La France est le pays qui investit le plus, par ses entreprises, en Afrique … Aussi, ai-je décidé de consacrer 20 milliards d’euros, au cours des cinq prochaines années, en dons et en prêts, au développement de l’Afrique. »

Dans ce contexte, le président français semble déterminé à écrire une nouvelle page du partenariat sécuritaire et économique entre son pays et l’Afrique, un partenariat difficile à dénouer.

Par Samantha Ramsamy

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