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President of Uganda Yoweri Museveni attends the Clinton Global Initiative on September 26, 2013 in New York. AFP PHOTO/Mehdi Taamallah        (Photo credit should read MEHDI TAAMALLAH/AFP/Getty Images)

Ouganda : un cinquième mandat pour Yoweri Museveni

Le chef de l’État sortant, Yoweri Museveni, a été proclamé vainqueur à la présidence ougandaise, avec 61,55% des voix sur 83% des bureaux de vote dépouillés, selon les résultats partiels publiés samedi matin par la Commission électorale. Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 30 ans, était presque assuré de pouvoir exercer un cinquième mandat de cinq ans. Son principal rival, Kizza Besigye, recueillait 34,47% des voix, selon la Commission électorale nationale. L’opposition dénonce des fraudes.

Un leader qui s’accroche au pourvoir

Arrivé au pouvoir en 1986, après avoir renversé l’autocrate Milton Obote, Yoweri Museveni est resté très populaire dans les campagnes et bénéficie de la puissance financière et de l’expérience électorale de son parti. Fils d’éleveurs de bétail issu de la tribu Ankole (ouest) et diplômé en sciences politiques et en économie à Dar es-Salaam (Tanzanie), Museveni a une carrière bien remplie de guérillero et d’homme politique. Ancien combattant de la guérilla mozambicaine, il travaille brièvement aux services d’espionnage sous la première présidence ougandaise de Milton Obote (1966-1971).

Personnage charismatique, n’hésitant pas à faire de l’humour en public, reconnaissable à son éternel chapeau rond à large bords et ses tenues décontractées, il a su s’attirer la bienveillance de la communauté internationale pour avoir mis en place une armée disciplinée, lutté contre la pandémie du VIH-sida et développé l’économie de son pays.
Revers de la médaille, l’Ouganda de Museveni est également marquée par une corruption endémique, une absence dans les faits de séparation des pouvoirs au profit de la présidence et des violations récurrentes des droits de l’Homme. Mais le chef de l’Etat semble n’avoir que faire des critiques de la communauté internationale, qu’il se plaît régulièrement à brocarder, d’autant qu’il s’est imposé au fil des ans comme un acteur régional incontournable. Son slogan de campagne en dit long : « Mon pays, mon Président ». Comme si les deux ne faisaient qu’un.

Une « parodie » d’élections

La réélection de Yoweri Museveni était toutefois attendue. Il s’était à chaque fois imposé au premier tour lors des quatre élections précédentes, avec 75% des voix en 1996, 69% en 2001, 59% en 2006 et 68% en 2011. Le parti de M. Museveni, le Mouvement de résistance nationale (NRM), a accueilli avec satisfaction ces résultats. L’opposition, qui accuse la Commission d’être partisane et de couvrir les fraudes commises par le régime, ne devrait pas reconnaître la victoire de Museveni. Pendant que ces résultats étaient annoncés, Kizza Besigye était placé sous surveillance policière dans sa maison, après avoir été arrêté la veille. Le Forum pour le changement démocratique (FDC) de Besigye a appelé samedi « les Ougandais et la communauté internationale à rejeter et condamner la fraude qui a été commise et à la révéler dans son intégralité ». L’impartialité de la Commission électorale a aussi été mise en cause par les observateurs de l’Union européenne et du Commonwealth.

L’Ouganda, pays enclavé d’Afrique de l’Est dont la population est estimée à 37 millions d’habitants, n’a jamais connu d’alternance politique pacifique depuis son indépendance en 1962.

La rédaction

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