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Niger : Le président Issoufou sous pression sur fond de négociation avec Areva

Pour beaucoup, il s’agit d’une épreuve de force pour le président du Niger Mahamadou Issoufou. Depuis son arrivée au pouvoir en 2011, l’opposition ne s’était jamais autant mobilisée. Ce samedi 28 décembre, des dizaines de milliers d’opposants se sont rassemblés dans les rues de la capitale Niamey pour dénoncer les conditions de vie au Niger. Ils répondaient à l’appel d’une coalition de 15 partis d’opposition formée en octobre autour de l’Alliance pour la République, la Démocratie et la Réconciliation (ARDR). La police a dénombré 20000 manifestants, les organisateurs 30000. Une première démonstration de force pour la récente coalition. Il s’agissait de la plus importante manifestation au Niger depuis les rassemblements de 2009-2010 contre l’ancien président, Mamadou Tandja renversé par un coup d’Etat orchestré par la junte militaire et son chef Salou Djibo. Celle-ci intervient au moment même où l’Etat nigérien tente de renégocier ses contrats d’exploitation de l’uranium avec le groupe français Areva. Le Niger constitue le 4ème producteur mondial d’uranium, pourtant le pays, avec ses 17 millions d’habitants, est l’un des plus pauvres au monde.

Une nouvelle convention pour l’extraction de l’uranium

Les négociations avec Areva portent sur le renouvellement des contrats de fourniture d’uranium. L’objectif du Niger est d’obtenir un accord plus favorable que celui signé en janvier 2008. Niamey avait obtenu une nette revalorisation du prix de l’uranium mais encore éloignée du partenariat gagnant-gagnant prôné avec le groupe nucléaire français. Avant son élection, l’actuel président Mahamadou Issoufou avait promis d’étudier l’éventualité de revoir les contrats entre son pays et Areva. Les dernières conventions expirent le 31 décembre et le gouvernement nigérien a adopté de nouvelles mesures sur les modalités d’application de la loi sur l’exploitation minière. Ainsi, les permis d’exploitation seront assortis d’une convention minière signée entre l’Etat nigérien et les titulaires de ces permis. Par ailleurs, un projet de loi relatif à la formation professionnelle et technique et à l’enseignement a été adoptée.

Près de 3 ans après son élection, les promesses du président Mahamadou Issoufou sur la redistribution des richesses minières au bénéfice de la population tardent à se concrétiser. De plus, le chef de l’Etat nigérien doit faire face à une fronde de l’opposition contre sa gouvernance. L’opposition lui reproche de vouloir instaurer une dictature personnelle. Pourtant samedi, Mahamadou Issoufou a officiellement abandonné la présidence de son parti politique, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS) qu’il dirigeait depuis 23 ans. La constitution nigérienne lui interdit de cumuler les fonctions de chef de l’Etat et chef de parti. C’est le ministre des Affaires étrangères du Niger, Mohamed Bazoum, qui lui succède à la tête du PNDS au pouvoir depuis 2011. Mais au-delà du respect des règles démocratiques, la société civile et la classe politique attendent surtout des résultats en matière de développement.

Le Niger a adopté un ambitieux programme pour sortir de la pauvreté. Il s’agit du plan de développement économique et social 2012-2015 (PDES), approuvé par les bailleurs de Fonds du Niger, au cours d’une table ronde à Paris. Le programme vise à porter le taux de croissance à environ 8,5%.  Pour rappel, dans le rapport 2012 du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD), le Niger est classé au dernier rang de l’indice de développement humain.

Sylvain Griout

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