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Moines de Tibhirine : le juge Trevidic part en Algérie

Après des années d’attente, le juge antiterroriste, Marc Trevidic, se rend en Algérie pour autopsier les têtes des moines de Tibhirine, assassinés en 1996.

L’autorisation a été annoncée il y a plus d’un mois au juge Marc Trevidic en charge de l’enquête sur l’assassinat des moins de Tibhirine qui a eu lien en 1996. L’ Algérie a accepté que l’équipe d ‘experts et le responsable de l’enquête puissent se rendre sur place afin de mener à bien leurs investigations. Mais si Alger a accepté la venue du juge, rien n’indique que dans les faits, l’administration et les autorités faciliteront le travail de l’équipe qui enquêtera. Il aura fallu attendre plusieurs années et des revirements spectaculaires d’Alger pour que le juge puisse enfin se rendre sur place.

Le 9 juillet dernier une énième polémique sur le sujet avait jeté un peu plus le discrédit sur les autorités algériennes qui visiblement ne font rien pour faire avancer le dossier. Le juge antiterroriste Marc Trevidic avait du encore une fois annuler son départ en Algérie pour poursuivre son enquête puisqu’il n’avait pas obtenu l’autorisation officielle de se rendre sur le territoire. Déjà, en février dernier, malgré ses demandes répétées il avait du au dernier moment renoncer à aller à Alger puisque les autorités algériennes n’avaient toujours pas décidé d’envoyer des invitations officielles. « C’est une immense déception pour les familles de voir que pour la deuxième fois, ce déplacement est annulé in extremis », avait jugé alors à Paris l’avocat des parties civiles, Patrick Baudoin. Du côté des responsables algériens, aucun commentaire n’a été fait. Alors que la thèse d’une tuerie de la part des islamistes est de plus en plus contestée, il est fort probable cet épisode a contribué à renforcer les suspicions portées à l’encontre du pouvoir algérien de l’époque, et de l’armée.

Qui est coupable ?

La mission mise en place par le juge Trevidic est composée d’experts, d’une autre juge, d’un photographe de l’identité judiciaire et d’un magistrat du parquet de Paris. Il se rendra à Tibhirine pour faire exhumer puis expertiser les têtes des sept moines, dont on n’a jamais retrouvé le corps. Enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 dans leur monastère, près de Medea, ils avaient ensuite été assassinés. L’attitude des autorités algériennes est d’autant plus troublante que si elles ont autorisé fin 2013, l’expertise des têtes, elles ont cependant interdit l’audition de témoins.

Si l’enlèvement avait été à l’époque revendiqué par le Groupe islamique armé (GIA), dans un communiqué ; le 21 mai 1996, un second communiqué annonçait l’exécution des religieux. Les témoins de l’époque, dont trois moines, qui avaient échappé à l’enlèvement ont confirmé la présence d’islamistes. Cette version a tenu bon jusqu’en 2009, moment ou l’ancien attaché militaire de l’ambassade de France à Alger, le général François Buchwalter, livre au juge le témoignage d’un militaire algérien. Il explique alors, qu’il s’agit d’une probable bavure de l’armée algérienne. L’équipe de Trevidic dispose désormais d’une semaine pour faire toute la lumière sur ce crime qui a profondément choqué l’opinion publique dans les années 1990.

La Rédaction

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