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Mauritanie : le parti islamiste Tewassoul, deuxième force politique du pays

Avec seulement 16 sièges à l’Assemblée Nationale, le parti islamiste Tewassoul devient de facto la deuxième force politique en Mauritanie et le premier parti d’opposition au sein du Parlement. Il s’agissait de sa première participation à des élections dans des conditions particulières. A son exception, les dix autres partis membres de la Coordination de l’opposition démocratique (COD) avaient boycotté ces élections faute de consensus sur les scrutins dont ils réclamaient l’ annulation.
Au final, le parti du président Ould Abdel Aziz a raflé 74 sièges. Si l’on y ajoute ceux remportés par ses partis alliés, la majorité présidentielle obtient 108 sièges, soit la majorité absolue. L’opposition remporte donc 37 sièges, dont 16 pour les islamistes du parti Tewassoul. El-Wiam, un parti dirigé par d’ex-hauts responsables du régime de Maaouiya Ould Taya (1984-2005), obtient 10 députés, contre 7 pour l’Alliance populaire progressiste (APP) du président de l’Assemblée nationale sortante, Messaoud Ould Boulkheir. L’Alliance pour la justice et la démocratie/mouvement pour le Renouveau (Ajd/mr) dirigée par un journaliste, Ibrahima Sarr, candidat malheureux à la présidentielle de 2009, obtient deux députés.
A noter que des législatives partielles auront lieu à une date ultérieure pour déterminer deux autres sièges. Moins d’un million d’électeurs étaient appelés à voter au second tour, contre 1,2 million au premier, pour renouveler trente des cent quarante-sept sièges de l’Assemblée nationale ainsi que les conseils municipaux de cent dix-neuf communes. Taux de participation : plus de 72 % au second tour selon commission électorale. Presque autant qu’au premier round avec un peu plus 75%.
Quand aux muncipales, le scénario est identique. L’UPR remporte 154 communes sur 218. Tewassoul obtient un total de 18 communes.

L’opposition dénonce des irrégularités.

Le principal parti d’opposition a souligné d’énormes irrégularités lors du double scrutin. « Ces élections « n’apporteront aucune solution à la crise » politique en Mauritanie, à cause des « énormes irrégularités qui les ont marqués » et du boycott d’une partie de l’opposition », a déclaré dimanche à la presse le président de Tewassoul, Jemil Ould Mansour. Dans un communiqué, la commission électorale nationale indépendance a fait savoir qu’elle disposait d’un délai maximum de trois mois pour l’organisation du scrutin dans les circonscriptions, objets de recours.
Il s’agissait des premières élections législatives et municipales depuis 2006. Un processus retardé en raison du coup d’Etat d’août 2008 qui a porté au pouvoir l’actuel président et ancien général, Mohamed Ould Abdel Aziz, au dépend de Cheikh Sidi Ould Abdallahi, premier chef d’Etat démocratiquement élu de Mauritanie. Un accord conclu à Dakar en 2009 avait permis l’organisation d’une élection présidentielle, remportée en juillet de la même année par le président Aziz dans des conditions critiquées par l’opposition.

Véronique Mansour

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