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Maroc: le Hirak du Rif, une course contre la montre pour le gouvernement

Au Maroc, ils étaient des dizaines de milliers de personnes à battre le pavé ce dimanche à Rabat en signe de solidarité avec le mouvement social d’Al Hoceima dans le nord du pays. Pour le gouvernement, il y a urgence de peur que la grogne ne s’amplifie et gagne d’autres villes du royaume.

Par la rédaction

L’association islamiste interdite mais tolérée Al Adl Wal Ihsane (justice et bienfaisance), composée également de petits partis de gauche affirme avoir rassemblé beaucoup plus que cela, espérant amplifier la contestation.

Ce dimanche, la marche de Rabat a été largement suivi et marque peut-être un tournant dans la vague de contestation à Al Hoceima  provoquée par  l’arrestation du leader du mouvement Nasser Zafzafi, le 29 mai dernier.  Faut-il y voir le signe d’une prolifération de la contestation?

Il y a 7 mois débutait le Hirak du Rif. La population d’Al Hoceima exprime des revendications sociales et économiques. Plusieurs personnes ont été arrêtées, comme Nasser Zafzafi, des membres de l’association justice et bienfaisance.  Crée en 1973, Al Adl Wal Ihsane regroupe toujours ou d’anciennes figures salafistes tolérées par les autorités.

Actuellement selon les autorités, 86 personnes sont poursuivies par la justice dans le cadre des événements d’Al Hoceima, toutes sont accusées d’atteinte à la sûreté de l’intérieur.

A Rabat, les manifestants descendus dans la rue ont scandé des slogans appelant le gouvernement à répondre notamment à réaliser les revendications sociales et économiques exprimées par la population d’Al Hoceima depuis plus de 7 mois et à libérer l’ensemble des personnes détenues suite à ce mouvement social.

Les manifestants ont aussi critiqué la politique du gouvernement dans la gestion de certains secteurs vitaux comme la santé, l’emploi, l’éducation et la justice ainsi que l’approche adoptée par l’exécutif face aux manifestants revendiquant leurs droits dans plusieurs régions du Royaume.

Ils ont aussi brandi des banderoles sur lesquelles ils soulignent la nécessité de consacrer les principes de liberté, et de paix et de justice sociales, outre la lutte contre la corruption et l’économie de rente ainsi que la mise en liberté des personnes arrêtées suite au « mouvement du Rif ».

Problème, les dirigeants du mouvement refusent pour l’instant de dialoguer avec le pouvoir marocain.  Pour une frange de la classe politique marocaine, les évènements du RIF reflètent une large inquiétude au sein du peuple marocain. Toutefois, la prudence reste de mise. Les ténors du PJD de Benkirane, l’ex-Premier ministre ont boudé la marche de Rabat.

Vers une accélération du développement d’Al Hoceima?

Et si plusieurs partis de gauche ainsi que le Mouvement du 20 février qui avaient secoué le Maroc lors des révolutions des printemps arabes en 2011 ont pris part à la marche, il se pourrait que la présence du gouvernement sur le terrain calme le jeu et atténue les risques de propagation du mouvement. L’accélération des projets dans le cadre du plan de régionalisation devrait trouver un nouvel élan.

En effet, une délégation ministérielle conduite Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur suivi par d’autres membres du gouvernement  est à pied d’œuvre. Au cœur de cette visite: cinq projets phares, l’achèvement de la voie rapide Al Hoceima-Taza, le renouvellement du réseau d’eau potable dans la ville d’Al Hoceima, l’extension du réseau d’électrification rurale au niveau de la région, la construction du centre hospitalier régional et d’une unité de dessalement d’eau de mer.

Reste la question des droits de l’homme, les manifestants arrêtés dont Nasser Zafzafi affirme avoir subi des violences.

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