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Maroc-Algérie : une absence de coopération anti-terroriste dommageable

Le rapport annuel du département d’Etat américain sur le terrorisme apporte un bémol à la lutte contre le terrorisme dans le Sahel, à savoir la mésentente entre l’Algérie et le Maroc sur le Sahara Occidental. Pourtant, les deux voisins luttent efficacement contre le terrorisme mais en ordre dispersé.

L’Algérie et le Maroc participent aux programmes américains contre le terrorisme mais le département d’Etat souligne que leur litige sur le Sahara Occidental constitue un obstacle à la coopération régionale contre le terrorisme. Une absence de coordination qui pèse lourd sur la lutte contre DAESH et les groupes djihadistes dans le Sahel. Paradoxe: Alger et Rabat constituent des cibles privilégiées pour l’Etat islamique. Le Maroc a durci sa politique anti-terroriste. En ce mois de Ramadan, le royaume est placé sous très haute sécurité. Le pays craint des attentats et tente de faire front face à l’enrôlement de ressortissants par l’EI en Irak et en Syrie. Selon les autorités, près de 1.500 à 2.000 jihadistes marocains combattent actuellement en Syrie et en Irak. Au mois 128 Marocains ont fait l’objet d’enquêtes dès leur retour au Maroc. L’activisme des cellules de recrutements terroristes pour le compte de Daesh préoccupe les autorités. Depuis 2013, le pays en a démantelé au moins 27. Ces chiffres reflètent une réalité pesante sur l’atmosphère sécuritaire dans le pays et toute la région du Maghreb. Une réalité similaire en Tunisie et en Algérie. L’Algérie encore traumatisée par la mort du français Hervé Gourdel enlevé le 21 septembre dernier à plus d’une centaine de kilomètres à l’est d’Alger et décapité par l’Etat islamique.

Alger et Rabat en ordre dispersé face au terrorisme

Daesh marque ainsi sa présence en Algérie après la Libye, le Maroc et la Tunisie. Face à la menace terroriste, la lutte s’opère en ordre dispersé. Ceci est dommageable car le Maroc, l’Algérie et la Tunisie également démontrent des capacités en matière de contre- terrorisme. Ensemble, ces pays voisins ont les moyens de développer une politique de coopération sécuritaire efficace. Pourtant, ni Alger, ni Rabat ne semblent prêts à un quelconque compromis. Le conflit régional autour du Sahara Occidental cristallise encore et toujours l’attention. Jusqu’à quand ces deux nations du Maghreb résisteront-elles à distance aux assaut de Daesh? Sans doute tant que leur coopération distincte avec les puissances occidentales n’auront pas trouvé leurs limites. Pourtant au profit des intérêts sécuritaires et économiques, le Maroc et la France ont enterré la hache de guerre. Il serait logique d’entrevoir un rapprochement, au moins, une coopération plus étroites des services de sécurité algérien et marocain contre l’ennemi numéro un, DAESH dont l’ambition est d’instaurer un Califat du Maghreb à l’Indonésie.

En conséquence, les risques d’instabilité régionale soutenus par la crise libyenne plaident en faveur d’un revirement de situation dans la relation bilatérale entre Alger et Rabat. Le rapport du département d’Etat américain vient justement alerter les deux voisins « ennemis » pour les inciter à agir ensemble face à l’urgence sécuritaire suscité par Daesh.

La rédaction

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