Afrique Inside Un média 100% numérique
You are here:  / Politique / Mali : la guerre est loin d’être terminée

Mali : la guerre est loin d’être terminée

La communauté internationale a salué dans sa grande majorité l’intervention française au Mali, seule force à s’être engagée dès la première heure. Une opération qui a permis de stopper l’inexorable montée en puissance des groupes terroristes dont le but était de mettre en place dans un premier temps un état islamique dans le nord du pays (Azawad) puis de conquérir le sud. Au bout de deux mois d’opération, les militaires français aux côtés des Maliens et Tchadiens libèrent des localités stratégiques comme Konna, Kidal, Gao, Tombouctou ou encore Tessalit. Ces percées rapides mettent en déroute les groupes armés mais n’éloignent pas définitivement la menace terroriste. Très mobiles, les groupes affiliés à Al-Qaïda continuent de mener leur combat en changeant de mode opératoire. Les opérations kamikazes ne sont pas rares et sont principalement dirigées contre l’armée française et la mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies (MINUSMA). Réfugiés principalement en Libye et dans les massifs proches de la frontière algérienne, les groupes terroristes ont encore une base arrière solide pour lancer leurs opérations meurtrières et demeurent une force de nuisance.

Libérés certes, ces territoires demeurent pour autant le théâtre de violences. En plus des exactions qui sont commises par différents groupes armés, les forces françaises doivent faire face, avec les militaires maliens, à d’autres belligérants qui retardent la fin de l’intervention. C’est le cas du Mouvement national de libération de l’Azawad (MLNA) actuellement présent dans la région de Kidal. Le groupe Touareg indépendantiste refuse d’être désarmé, comme exigé par les autorités de Bamako, et revendique toujours son autorité au Nord-Mali. La France et les forces alliées en s’engageant dans ce conflit contre les groupes terroristes se trouvent de facto au cœur des problématiques de reconstruction de l’état malien. Un état fragile qui n’a jamais en réalité pu asseoir son autorité sur l’ensemble du territoire et cela avant même la résurgence des groupes terroristes.

Si l’opération semble tirer vers sa fin avec le retrait progressive des forces françaises, la situation au Mali est loin d’être résolue. L’élection d’un nouveau président et le déroulement des élections législatives ne peuvent être les signes d’une évolution positive tant que l’état ne s’affirmera pas comme unique autorité capable de maintenir la cohésion du pays.

Malik Acher

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked ( required )