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Lutte contre Ebola : une course contre la montre

Il est encore difficile d’évaluer les fonds mobilisés pour lutter contre l’épidémie Ebola mais l’ONU a salué la générosité des pays membres. Les Nations Unies estiment les besoins à un milliard de dollars pour lutter contre Ebola.

Il y une semaine, l’Organisation mondiale pour la santé a prédit une catastrophe humanitaire avec plus de 20.000 cas d’Ebola possibles d’ici le mois de novembre. L’OMS a exhorté la communauté internationale à agir au plus vite à quelques jours seulement de l’Assemblée Générale de l’ONU à New-York où les dirigeants du monde entier ont promis d’agir avec plus de détermination. Le temps presse… Et selon les Nations Unies, un milliard de dollars sont nécessaires pour lutter contre Ebola. A New-York, plusieurs pays ont annoncé une contribution financière. Le Canada a promis une enveloppe de 27 millions de dollars, la France 70 millions d’euros. L’Inde devrait contribuer à hauteur de 10 millions de dollars également. Selon les responsables onusiens, la totalité des fonds récoltés est importante surtout que jeudi la Banque mondiale a doublé son aide attribuée aux pays touchés par Ebola de 230 à 400 millions de dollars. Sur un peu plus de 6.000 cas, la fièvre Ebola a fait près de 3.000 morts principalement en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone. Les craintes de voir le virus se propager au-delà du continent africain sont réelles. Plusieurs personnes engagées dans la lutte contre Ebola ont dû être rapatriées dans leurs pays d’origine pour y être soignées, aux Etats-Unis, en France et en Espagne où un missionnaire et médecin espagnol, rapatrié en début de semaine de Sierra Leone où il dirigeait un hôpital, est mort jeudi dans un hôpital de Madrid. Manuel Garcia Viejo est le second missionnaire espagnol décédé après avoir contracté le virus. Un autre médecin, le docteur américain Rick Sacra, 51 ans, infecté par Ebola au Liberia où il travaillait pour une organisation caritative chrétienne, est lui sorti jeudi d’un hôpital américain. Selon ses médecins, sa guérison pourrait s’expliquer par deux transfusions de plasma sanguin. En France, une infirmière de Médecins sans frontières contaminée au Liberia par le virus Ebola a été transférée dans la nuit de jeudi à vendredi dans un hôpital militaire de la région parisienne. Son état est stable. Le virus Ebola constitue désormais une menace pour le monde entier pas seulement les pays africains. Aucun vaccin n’a pu être trouvé mais des tests sont en cours en Suisse.

Eviter l’isolement des pays les plus touchés

Pour autant, les sept pays les plus riches de la planète, le G7 ont affirmé vouloir éviter que les pays affectés restent isolés. En effet, le risque d’un isolement de la zone la plus touchées par le virus contribuerait à accélérer l’épidémie. En Sierra Leone, trois nouvelles provinces et douze chefferies où vivent 1,2 millions de personnes, ont été placés en quarantaine. Depuis le moi d’aôut dernier, deux provinces de l’Est, Kenema et Kailahun, ont été confinées. Plus d’un tiers des six millions d’habitants sont désormais concernés par Ebola. La gestion de cette crise sanitaire sans précédent se complique de jour en jour et provoque des tensions pour ne pas dire psychose. Là où des mesures de prévention draconiennes sont imposées, les populations réagissent violemment. Au Liberia, des émeutes ont éclaté le 20 août dans le quartier de West Point à Monrovia, faisant un mort parmi les habitants. En Guinée, il y a plus d’une semaine, huit personnes sont mortes et une vingtaine d’autres blessées dans des violences contre une mission guinéenne de sensibilisation a été violemment prise à partie par les habitants de Womey, un important village situé à une cinquantaine de kilomètres au sud de N’Zérékoré, la deuxième plus grande ville de la Guinée-Conakry. Ebola fait peur, de plus en plus peur au point que Le Nigeria ébranlé par Boko Haram minimise les risques d’épidémie en défiant l’OMS. Le ministère de la santé nigérian affirme que le virus Ebola n’est pas présent dans le pays. « Il n’y a plus personne en observation pour le virus Ebola au Nigeria. Ceux qui étaient en observation ont terminé leur période obligatoire de 21 jours stipulée par l’OMS » a déclaré le ministère de la santé nigérian mais l’OMS juge précoce ses conclusions et appelle à la prudence quand aux délais d’incubation de la maladie. Pour combattre le virus et les risques de propagation, les Etats-Unis ont mobilisé 3.000 militaires américains en Afrique de l’ouest où une mission onusienne d’urgence a commencé à se déployer, la mission de réponse des Nations unies à l’urgence du virus Ebola (UNMEER) dont le siège a été installé à Accra au Ghana. Ses équipes se sont également déployés au Liberia. Par ailleurs, Cuba devrait porter son contingents de médecins de 165 à 461. Egalement mobilisée, la Chine a prévu d’installer un laboratoire mobile et une équipe de 59 experts en Sierra Leone. Le virus Ebola tue 200 personnes par jour, a rappelé le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

La Rédaction

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