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Victoire du Brexit, choc politique et financier mondial

Les Britanniques ont choisi de sortir de l’Union européenne lors du référendum de jeudi, un vote qui ouvre une phase sans précédent pour l’UE comme pour le Royaume-Uni et déclenche un mouvement de panique sur les marchés financiers internationaux.

L’annonce officielle vers 6h20 GMT par la commission électorale de la victoire du camp du « Leave » n’a plus surpris personne, le résultat étant connu depuis la fin du décompte des voix dans les 382 circonscriptions électorales du Royaume-Uni, qui donne près de 52% des voix à la sortie de l’UE.

Alors que les sondages et les premiers résultats donnaient le « Remain » (maintien) gagnant après la clôture du scrutin, l’annonce dans la nuit par les télévisions britanniques d’un retournement de tendance confirmé au fil des heures a déclenché sur les marchés financiers un mouvement de panique qui rappelle la crise financière de 2008.

La livre sterling, en baisse de 7,5% face au dollar et de près de 6% face à l’euro, subit une chute sans précédent dans son histoire et les Bourses européennes ont ouvert en forte baisse: quelques minutes après le début des échanges, Londres cédait 5,4%, Paris 8,9% et Francfort 7,2%.

Les valeurs bancaires étaient les plus touchées avec une chute de plus de 14%.

L’euro, lui aussi affecté, abandonnait 2,3% face au dollar.

Les investisseurs se reportent sur les actifs jugés les plus sûrs, comme l’or, en hausse de 5%, et les emprunts d’Etat.

CAMERON ANNONCE SA DÉMISSION

Le choix des Britanniques de quitter l’UE ouvre une procédure de divorce inédite qui durera au moins deux ans et qui risque d’ébranler tout à la fois les institutions européennes, la cohésion du Royaume-Uni et la place de l’économie britannique à l’échelle mondiale.

L’agence de notation Standard & Poor’s a d’ailleurs déclaré que la Grande-Bretagne perdrait très certainement sa note « triple A ».

Prenant acte du choix des Britanniques, le Premier ministre, David Cameron, a annoncé qu’il démissionnerait d’ici octobre, expliquant qu’il appartenait à un autre Premier ministre d’entamer les négociations sur la sortie du pays de l’Union et d’invoquer l’article 50 du Traité de l’Union européenne, qui prévoit que « tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union ».

« Je ne crois pas qu’il soit opportun que je sois le capitaine qui mène notre pays vers sa prochaine destination », a déclaré David Cameron devant sa résidence de Downing Street.

Chez les eurosceptiques, c’est logiquement l’euphorie qui est de mise. « L’Union européenne est en train de mourir », s’est félicité Nigel Farage, chef de file du parti anti-européen Ukip, après avoir dit « oser rêver que l’aube se lève pour un Royaume-Uni indépendant ».

Avant l’annonce officielle du résultat, il avait appelé David Cameron à démissionner « immédiatement ».

En France, Marine Le Pen, la présidente du Front national, parlant sur Twitter de « victoire de la liberté », a demandé l’organisation du « même référendum en France et dans les pays de l’UE ».

Dans le camp des pro-UE, le président du Parlement européen, Martin Schulz, constatant que « le Royaume-Uni a décidé de tracer sa route de son côté », a dit s’attendre à ce que les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne débutent rapidement.

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE devaient se réunir dans la matinée à Luxembourg. Aucune réunion extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement n’est pour l’instant au programme, un Conseil ordinaire étant prévu mardi et mercredi.

DIVISIONS EN VUE POUR L’UE ET LE ROYAUME-UNI

L’UE sortira forcément affaiblie, tant politiquement qu’économiquement, de la procédure de divorce qui débutera alors et qui la privera d’un Etat membre représentant environ 15% de son poids économique.

En quittant l’Union européenne, dont elle est membre depuis 1973, la Grande-Bretagne perdra pour sa part l’accès au marché unique européen et devra conclure des accords commerciaux bilatéraux avec ses partenaires dans le monde entier.

Sur le plan politique, David Cameron, qui avait promis le référendum en 2013 dans l’espoir d’enrayer la montée des eurosceptiques au sein du Parti conservateur, a vu la manoeuvre se retourner contre lui et le résultat du vote risque de déchirer durablement les Tories.

Après quatre mois d’une campagne violente, marquée par de fortes divisions, et le meurtre de la députée travailliste et pro-européenne Jo Cox, le camp du « Remain » aura été impuissant à empêcher la vague anti-système, et les désillusions à l’égard d’une Europe jugée distante, bureaucratique et engluée dans des crises sans fin.

Désormais, comme le montrent les premières réactions, c’est la cohésion même du Royaume-Uni qui est en question.

La Première ministre écossais, Nicola Sturgeon, a souligné que « l’Ecosse a envoyé un message fort et sans équivoque pour rester au sein de l’UE » et son prédécesseur Alex Salmond a dit s’attendre à ce qu’elle demande rapidement un nouveau référendum sur l’indépendance.

Le discours est le même en Irlande du Nord, où le Sinn Fein, principal parti nationaliste irlandais, a estimé que le Brexit ne faisait qu’augmenter la nécessité d’un vote sur l’unification de l’Irlande.

La rédaction avec l’AFP

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