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L’indifférence du Congo face à la communauté internationale

Denis Sassou N’Guesso a été investi au Congo ce samedi pour cinq ans par la Cour Constitutionnelle après sa réélection avec 60.19% des suffrages à l’issue du scrutin présidentiel du 20 mars jugé controversé par une partie de la communauté internationale mais reconnu par de nombreux chefs d’état africains. Celui qui cumule 32 ans de pouvoir promet de rénover sa gouvernance, faisant fi des contestations et dénonciations internationales

Sept chefs d’Etat africains et plusieurs autres autorités de d’Afrique et d’ailleurs ont marqué leur présence samedi: Eduardo Do Santos d’Angola, Macky Sall du Sénégal, Alpha Condé de Guinée Conakry, Mahamadou Issoufou du Niger, Ali Bongo Ondimba du Gabon, Manuel Pinto Da Consta de Sao Tome et Principe et Hage Geingob de Namibie. Devant ce parterre d’homologues, Denis Sassou N’Guesso a juré de respecter la constitution du 25 octobre 2015 validée par les Congolais à 94 % des suffrages à l’issue d’un référendum.

Cumulant déjà 32 ans de pouvoir, le Président réélu a promis un changement de cap dans la gouvernance du pays,

« réorganiser et intensifier la lutte contre la pauvreté, le chômage, la marginalisation et l’exclusion » a-t-il affirmé.

Dans son discours d’investiture, il a indiqué que « le nouveau quinquennat sera un moment de la marche accélérée vers le développement inclusif, équilibré et durable, la marche au pas de course pour aller plus loin ensemble dans la conquête du mieux-vivre, partagé entre tous ».

« Nous devons conforter en nous, dans notre société, en chaque Congolais et Congolaise, un nouvel état d’esprit », a-t-il dit appelant ses concitoyens, « à compter d’aujourd’hui, de la base au sommet de l’Etat, du citoyen au responsable politique ou administratif, du fonctionnaire au ministre, à avoir une nouvelle manière d’agir et d’être. »

« A compter d’aujourd’hui, créons la rupture avec les mentalités déviantes et les comportements pervers du passé dont entre autres la corruption, la fraude, la concussion, le népotisme et la tendance à la gabegie », a-t-il insisté.

S’agit-il d’un avertissement à prendre au sérieux pour tout ceux à la base et au sommet de l’Etat, dixit DNS, transgresse la loi? Dans les milieux proches du chef de l’état congolais, on en est certain.

Malgré l’assurance et l’élan démontrés par le chef de l’état, le Congo traverse une période troublée. Dune part, il y a la contestation de l’opposition qui dénonce des fraudes massives et d’autre part, une crise dans le Pool, une région située dans le sud du pays.

Après l’élection, la France s’est murée dans un silence qui en dit long sur son refus de compromettre ses relations avec Brazzaville en désaccord, il faut le souligner, avec l’Union européenne qui avec les Etats-Unis ont condamné des violences post-électorales. De son côté, le Canada a dénonce un processus électoral irrégulier et rappelle à l’ordre Brazzaville dans le cadre de la Francophonie. Une prise de position qui intervient trop tardivement pour peser réellement un mois après le scrutin.

A Brazzaville, les signaux sont clairs. L’investiture samedi du président DNS est l’occasion de tourner la page d’une élection tumultueuse. Les préoccupations sont désormais ailleurs, dans le Pool, la région du sud est le théâtre depuis deux semaines de bombardements de l’armée congolaise en représailles à l’attaque de Brazzaville dans la nuit du 3 au 4 avril, attribuée aux « Ninjas » proches du pasteur Ntumi. Mais là encore, le Congo est pointé du doigt. Selon Amnesty International, les frappes aériennes gouvernementales qui durent depuis quinze jours dans la région du Pool ont touché des zones résidentielles, y compris des écoles, des installations médicales, des églises. L’ONG demande une enquête indépendante approfondie et impartiale tandis que les autorités du pays démentent ces bavures et assurent maîtriser la situation.

Quatrième producteur de pétrole de l’Afrique subsaharienne, le Congo a un des PIB par habitant le plus élevé de la région, mais où près de 50 % de la population vivent toujours en-dessous du seuil de pauvreté.

La rédaction

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