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Libye : le pays plongé dans le chaos sous la menace des milices

Ce weekend les milices libyennes ont tenté de mettre la main sur une des plus importantes régions pétrolières du pays. Si l’assaut a été repoussé, les forces gouvernementales font face à des combattants de plus en plus déterminés.

La situation en Libye devient de plus en plus problématique pour le gouvernement et l’armée régulière qui lutte depuis désormais plusieurs mois contre les milices. Samedi, une très importante offensive de troupes hostiles aux autorités a eu lieu dans la région d’Al-Hilal. Cette tentative d’avancée n’est pas anodine puisque cette région est la plus riche en pétrole et comprend notamment les terminaux de Breïqa et Ras Lanouf. La prise de ces secteurs par les milices est un risque très important qui pourrait par la suite mettre en péril le gouvernement légitime. C’est l’aviation qui a pu mettre fin à l’avancée des miliciens qui avaient mis en place une stratégie consistant à partir de trois points différents de Tripoli pour ensuite avancer dans plusieurs directions.

Le nombre de victimes des combats ne cesse de s’accroitre depuis le mois, date du début de l’offensive du général Khalifa Haftar visant à reconquérir les territoires perdus depuis la chute de Kadhafi et qui se retrouvent désormais sous contrôle des islamistes. C’est notamment le cas des villes de Benghazi dont la totalité est contrôlée par les miliciens et de Tripoli, la capitale, qui est en grande partie occupé par des combattants hostiles aux forces gouvernementales. Mais si jusqu’à maintenant seule l’armée et les troupes proches d’Haftar faisaient partie des combats, certains civils font désormais partie des combattants et ont pris les armes, faisant craindre que les combats dégénèrent en véritable guérilla.

Les troupes fidèles au général Khalifa Haftar souhaitent selon leurs propres mots, mettre un terme à l’anarchie qui règne dans la zone. Il s’agit de mettre à mal les troupes de « la brigade des martyrs de 17 Février ». Considérée comme terroriste par les Etats-Unis et les occidentaux en général, cette milice qui est principalement composée d’anciens-rebelles opposés à Kadhafi, est accusée d’être en contact et de collaborer avec Ansar Asharia mais également al-Qaïda. L’organisation terroriste internationale a par ailleurs condamné fermement les agissements du général dissident et de ses « alliés ».

Le Gouvernement soutient Haftar

Le chef du gouvernement Abdallah al-Theni a déclaré en octobre que le commandement était entre les mains des autorités et non plus du seul général Haftar.
 « Toutes les forces militaires ont été placées sous le commandement de l’armée pour libérer Tripoli et Benghazi» selon al-Theni.

Alors que la Libye est plongée dans l’impasse politique et dans le chaos sécuritaire, l’armée autoproclamée « nationale », donne de l’espoir à beaucoup de libyens. Le discours très incisif contre les milices qui paralysent le pays économiquement depuis plus de trois ans a aussi réussi à séduire alors que depuis la chute de Kadhafi, personne n’avait osé s’opposer aux très puissants miliciens qui font la loi sur le territoire. Du côté du général Haftar, on affirme avoir un « mandat » du peuple libyen pour combattre le « terrorisme ». Selon lui il n’y aura pas de « retour en arrière, jusqu’à la libération du pays, le rétablissement de la sécurité, la stabilité et la consécration de la liberté et la démocratie ».
 Face à la dégradation de la situation la communauté internationale s’inquiète, d’autant plus que l’Etat islamique a commencé à entrainer des hommes dans des zones sous contrôle des milices. La guerre civile semble ne faire que commencer.

La Rédaction

(Crédits: © Reuters-Esam Al-Fetori)

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