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Libye : combats à l’aéroport de Tripoli, crainte d’un embrasement

Tout le monde pensait que les combats de cette semaine à l’aéroport de Tripoli, la capitale libyenne, étaient désormais de l’histoire ancienne mais c’était sans compter sur une reprise des hostilités de la part de différentes milices. Selon le responsable de la sécurité aéroportuaire, « l’aéroport a été attaqué ce matin aux obus de mortier, aux roquettes et aux canons de char. C’est l’attaque la plus violente » depuis le début des affrontements il y a sept jours. Encore une fois ce sont les rivalités entre milices qui ont provoqué la situation et qui ont fait dégénérer les affrontements.

Selon toutes vraisemblances, les brigades de la ville de Zenten, situé au sud ouest de Tripoli, ont riposté à une attaque provenant des milices de la ville de Misrata, située à 200 km à l’est de la capitale. L’intensité des combats laisse présager un bilan potentiellement lourd mais pour l’heure aucune information n’a encore filtré concernant d’éventuelles victimes. Plusieurs habitants ont également fait part de la présence de chars ce qui signifierait que ces combats sont plus que de simples affrontements et constitueraient une véritable scène guerre. Alors que l’aéroport a été fermé il y a une semaine, cette nouvelle bataille constitue un nouveau coup porté aux autorités du pays. D’autant que les milices de Misrata et des milices islamistes radicales ont bien l’intention de faire tomber celles de Zenten et de s’emparer de leur zone d’influence.

La guerre civile qui ne dit pas son nom

Mais l’instabilité qui touche le pays n’est pas le fait d’un simple affrontement entre milices, il s’agit d’une véritable lutte pour prendre à terme le pouvoir. Depuis le début du mois de juin, les troupes fidèles au général Khalifa Haftar ont décidé de s’attaquer aux milices armées qui n’ont absolument pas l’intention de se laisser faire et qui continuent à s’affronter entre elles. Après avoir bombardé Benghazi début juin, le général a prévenu qu’il n’allait pas s’arrêter là et a accusé le gouvernement de laxisme. C’est principalement « la brigade des martyrs de 17-Février » qui constitue une cible pour Haftar. Considérée comme terroriste par les Etats-Unis et les occidentaux en général, cette milice qui est principalement composée d’anciens-rebelles opposés à Kadhafi, et est accusée d’être en contact et de collaborer avec Ansar Asharia mais également al-Qaïda.

Si le gouvernement condamne sans arrêts les attaques qu’elles viennent des miliciens ou des troupes d’Haftar, une chose est certaine, ces dernières semaines la situation sur le terrain s’est très nettement dégradée et aujourd’hui plus personne n’est optimiste concernant la Libye et son avenir. Le gouvernement lui même a fait part cette semaine de son intention de faire appel à la communauté internationale pour rétablir la paix puisque les institutions et les autorités n’ont désormais plus aucun pouvoir pour cela.

Alors que les affrontements se multiplient, les dirigeants libyens mais également occidentaux assistent impuissants à l’explosion du pays. Pour l’heure aucune hypothèse de sortie de crise ne semble plausible, les combats devraient donc se poursuivre, et même, s’intensifier.

Louise Diallo

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