Afrique Inside Un média 100% numérique
You are here:  / Sports / L’étonnant parcours du boxeur Taylor Mabika

L’étonnant parcours du boxeur Taylor Mabika

AfriqueInside.com: Bonjour Taylor Mabika, on vous nomme souvent l’enfant de Libreville, est-ce votre surnom de boxeur ?

Taylor Mabika : Bonjour. Je n’ai pas de surnom mais effectivement on m’appelle « l’enfant de Libreville » en référence à mon pays d’origine que j’aime, le Gabon.

A.I: En France, peu d’informations font état de votre palmarès. Combien de titres possédez-vous ?

T.M : J’ai été huit fois champion du Gabon, trois fois Champion d’Afrique centrale, et deux fois d’Afrique en 2004 et 2007 et vice-champion d’Afrique en 2006. J’ai également participé au championnat du monde de Chicago en 2007 et aux Jeux Olympiques d’Athènes en 2004.

A.I : Justement lors de votre participation aux Jeux Olympique d’Athènes vous n’avez pas réussi à briller, comment expliquez-vous votre bref parcours ?

T.M : Après la qualification pour les J.O, je n’ai pas eu assez de temps de préparation. Je devais effectuer un stage d’une durée de 5 mois mais en fin de compte, je n’ai eu qu’un seul mois pour me mettre en condition. Cela m’a désavantagé par rapport aux autres sportifs qui ont bénéficié de plus de temps pour aborder la compétition.

A.I : Trois ans après ces jeux Olympiques d’Athènes, vous décidez de venir en France. Vous devez débuter en tant qu’amateur mais vous parvenez à intégrer le monde des professionnels en l’espace d’une année. Quelles ont été vos motivations pour tout recommencer à partir de la France ?

T.M : En me rendant en France, je ne pouvais pas rester chez les amateurs, je me devais de passer pro, j’étais déterminé. J’ai de nouveau retrouvé mon entraîneur que j’avais connu auparavant au Gabon, Guillaume Clémente. Avec son expérience, les choses se sont déroulées très vite et grâce à lui, j’ai pu débuter avec les professionnels.

A.I : Le 20 avril 2013 à Varsovie, vous affrontez le Polonais Krzysztof Glowacki, champion du monde poids lourds-leger en 2006. Vous perdez ce combat face à un joueur qui a fait ses classes, attribuez-vous votre défaite à une différence de niveau ?

T.M : Je ne pense pas. Très honnêtement, j’ai un esprit sportif, mais quand la victoire n’est pas réellement méritée, je ne l’accepte pas. L’arbitrage a été clairement en ma défaveur. Si vous tentez de rechercher la vidéo de ce combat sur le net, vous ne la retrouverez pas. Tous ses combats sont diffusés sauf celui-là. Un mois et demi après cette rencontre, il devait boxer de nouveau mais il n’a pas pu car il avait trois côtes fêlées, cela prouve qu’il n’a pas mérité sa victoire. J’ai même essayé de me procurer la vidéo du combat mais il ne veut pas me l’envoyer.

A.I: Malgré cette défaite, le 8 juin vous remportez une nouvelle fois le titre de champion du Luxembourg, vous étiez dans de meilleurs conditions ?

T.M : J’ai été moi-même, je me suis donné à fond comme à mon habitude et j’ai gagné. J’ai été fier de mon combat en Pologne même si j’ai officiellement perdu, je n’ai pas eu de relâchement entre ces deux rencontres.
Taylor Mabika Vs Prince George Akrong

A.I : Votre prochain combat aura lieu le 27 décembre à Libreville où vous affronterez Prince George Akrong pour tenter de décrocher un nouveau titre. Connaissez-vous votre prochain adversaire ?

T.M : Je ne le connais pas réellement. J’ai visionné deux de ses combats et j’ai également vu l’interview qu’il a donné dans laquelle il promet de me mettre K.O, mais cela c’est une chose que je vis tous les jours. Je suis confiant comme à mon habitude, je respecte mon adversaire et je ne me permettrait pas de tenir les mêmes propos. Je garde la tête sur les épaules et j’aborde ce combat dans un certain esprit.

A.I : Avez-vous d’autres combats prévus en 2014 ?

T.M : Je me projette sur le long terme mais je me focalise combat après combat, je n’ai pas encore un agenda arrêté pour l’année prochaine.

A.I : Vous avez maintenant 33 ans. Quel bilan faites-vous de votre parcours et envisagez-vous votre fin de carrière ?

T.M : Je suis satisfait de mon parcours, je n’ai pas de regrets. Je profite à fond de ma passion, à côté de la compétition je donne des cours au club de boxe de Cormeilles-en-Parisis. Je continuerai à boxer tant que ma condition physique me le permettra mais il est certain que je ne ferai pas comme d’autres à rester sur les rings jusqu’à l’âge de 50 ans à recevoir des coups. J’ai une vie de famille, j’ai une fille et je travaille également au sein de la mairie de Cormeilles-en-Parisis. Je cumule une double vie que peu de boxeurs sont capables d’avoir. Je suis épanoui.

Propos recueillis par Malik Acher

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked ( required )