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African businessman sitting on a green meadow and drawing a planisphere

LES CLEFS DU BUSINESS : l’Afrique pour locomotive !

Alors que les économies européennes et américaines se contentent de montrer de léger positifs, l’Afrique confirme son rythme de croissance élevé  selon le Fonds monétaire international (FMI).

Les prévisions concernant les performances du Continent à court et moyen terme sont aussi très encourageantes. Les facteurs à la base du développement économique du Continent devraient lui permettre de confirmer ces performances sur le moyen et long terme : En effet, la combinaison de sa démographie, de son urbanisation croissante, d’une réelle volonté politique pour permettre à la démocratie d’y progresser, d’un judiciaire plus indépendant et d’une meilleur gestion des politiques économiques de ses différents Etats permettent d’être raisonnablement optimiste sur la durée.

Ce rythme soutenu du développement africain est particulièrement impressionnant lorsqu’on tient compte du fait qu’il est de moins en moins le fait des matières premières dont les cours sont en baisse.

C’est bel et bien l’effet d’un marché intérieur qui prend de l’ampleur et de la demande intérieure de plus en plus forte qui permettent à l’Afrique de confirmer ses bonnes performances économiques. De ce fait, les entreprises mondiales s’organisent pour augmenter leur présence sur le continent pour répondre aux besoins de ces nouveaux marchés. Les investissements étrangers continuent donc à augmenter et consolident de ce fait cette spirale positive du développement.

Cette présence africaine, hier un luxe, aujourd’hui une nécessité pour rechercher sur le continent un relai de croissance pour faire face au fléchissement de leurs marché traditionnels, amène les chefs d’entreprise, de plus en plus nombreux, à inclure une dimension africaine à leur stratégie de développement.

Ces entrepreneurs sont cependant bien conscients des difficultés qu’ils auront à surmonter pour que cette nouvelle phase de leur expension soit un succès : Ils sont souvent mal informé au sujet des réalités de ces nouveaux territoires où ils ambitionnent de s’implanter, leurs équipes ne sont pas toujours formées pour appréhender et évaluer les risques inhérents à cette nouvelle aventure, ils recherchent un accompagnement professionnel qu’ils peinent souvent à trouver. Le mouvement vers l’Afrique est néanmoins bien lancé et ces difficultés ne sauraient les faire renoncer.

L’analyse des bonnes performances de l’Afrique permet un autre constat intéressant: l’Afrique du Sud a perdu un peu de son rôle moteur sur le continent. Cependant, à l’exception donc de l’Afrique du Sud mais aussi de la RCA ou du Swaziland, la croissance africaine devrait rester assez robuste. Un tiers des pays du continent affichent une croissance de 6% ou plus pour 2013.

Ces bons résultats et ces perspectives encourageantes ne doivent cependant pas faire oublier que les retombées de cette croissance africaine ne permettent pas encore de réduire la pauvreté sur le continent. Les économies occidentales devront donc se pencher activement sur ce phénomène avec une attention particulière s’ils veulent enrayer les flux migratoires et les tragédies auxquels ils nous ont habitués.

Nos démocraties savent bien que cette pauvreté est le principal terreau des radicaux islamiques qui s’étendent maintenant sur une ceinture « verte » de la Mauritanie à la Somalie. Les évènements récents du Kenya sont venus le démontrer de nouveau.

Cette course entre le développement économique et le terrorisme islamique est donc bien d’actualité et les solutions pour éviter le pire au continent passe donc par le développement économique du Continent mais également par une retombée équitable de ce développement sur les populations du Continent.

Les acteurs économiques devront donc s’accorder sur une nouvelle charte éthique pour y contribuer et mettre toutes les chances de leur coté pour le succès de leur propre développement sur le Continent.

Après une première phase de développement « à tout va » durant ces dernières années pendant lesquelles les gouvernants africains n’ont pas été très exigeants à l’égard des investisseurs, on assiste maintenant à une réelle prise de conscience et de nouvelles exigences des Etats pour un développement durable en Afrique qui permettra aux populations concernées d’en profiter d’avantage.

Ce nouveau momentum pourrait permettre aux puissances économiques qui ont assistées plutôt en spectateur à l’accroissement de la présence chinoise du Maghreb à l’Afrique Australe durant la dernière décennie, à tenter de faire valoir une approche plus compatible avec ces nouvelles exigences africaines pour regagner du terrain sur le Continent.

Par François de Senneville.
FDSFrançois de Senneville a rejoint Fieldfisher Paris en janvier 2016, en qualité d’associé pour y créer, développer et diriger son pôle d’expertises dédié à l’Afrique. Passionné par l’Afrique, François est reconnu pour son expertise en matière de fiscalité internationale, et de droit des affaires africain (notamment OHADA). Il assiste depuis plus de vingt-cinq ans de grands groupes internationaux dans leurs projets de développement, de réorganisation de leurs activités internationales et de structuration de leurs acquisitions. Avant de rejoindre Fielfdfisher Paris, François a dirigé le Pôle Fiscal Afrique Francophone du cabinet Deloitte entre 2008 et 2012 et conseillait ses clients dans le cadre de leur implantation et de leur développement à travers 17 pays d’Afrique francophone. A partir de 2012 il crée et développe le Desk Afrique du cabinet Lazareff Le Bars, dédié au droit fiscal et au droit des affaires ainsi qu’à l’arbitrage international.

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