dimanche, 11/12/2016 | 1:15 UTC+1
Afrique Inside Un média 100% numérique
You are here:  / À LA UNE / AI BUSINESS / LES CLEFS DU BUSINESS / LES CLEFS DU BUSINESS : comment sécuriser ses investissements en Afrique?
investissement-afrique

LES CLEFS DU BUSINESS : comment sécuriser ses investissements en Afrique?

C’est un fait : l’Afrique a un très fort potentiel de croissance. Ce qui incite de plus en plus les investisseurs étrangers à parier sur la rentabilité de l’économie du Continent. Selon une enquête récente concernant l’attractivité du continent menée par le cabinet d’audit Ernst & Young auprès de 562 dirigeants et investisseurs potentiels, le nombre de projets d’Investissements directs étrangers a augmenté de 87 % (entre 2003 et 2010) et la tendance devrait encore s’accentuer d’ici à 2015.

Les chefs d’entreprise expriment néanmoins un manque d’expérience du continent et un réel besoin de sécurisation juridique et judiciaire de leurs opérations locales. Dans ce contexte, il semblerait que les investisseurs ne se demandent plus « Pourquoi Investir en Afrique ? », mais plutôt « Comment Investir en Afrique? ».

Le cocktail gagnant des entrepreneurs qui ont réussi sur le Continent

Les retours d’expérience démontrent que la réussite en Afrique impliquerait une série d’éléments :

-un management et/ou des partenariats adaptés et africains. L’expertise locale est atout inestimable en Afrique et certains groupes n’hésitent pas à constituer des équipes exclusivement locales avec, en contrepartie, des investissements pour leur formation

-une action panafricaine avec une gestion intégrée des filiales;

-une mobilisation des financements avec notamment une meilleure utilisation des ressources publiques et un développement de l’intermédiation financière globale

-une éthique et une gouvernance irréprochable

-une politique de gestion de crises politiques fréquentes en Afrique

-une prise en compte des secteurs sujets à frottement réglementaire pour favoriser les marchés libres et ouverts.

-une autre solution qui semble être privilégiée par certains acteurs est de localiser leurs holdings et les flux en-dehors dans un pays plus stable.

L’Ile Maurice est souvent utilisée car elle cumule nombre d’atouts pour une telle localisation : politiquement stable, elle est dotée d’une main d’œuvre de qualité et très compétitive (vu son niveau d’éduction), d’une fiscalité relativement faible (avec un taux de droit commun unique de 15 % tant pour l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur le revenu, que la TVA) et d’une sécurité juridique grâce à ses institutions judiciaires anciennes et indépendantes (comprenant, au besoin, un dernier degré de juridiction au Royaume-Uni, devant le conseil privé de la Reine !). Ajoutez à cela des secteurs économiques variés et en plein développement ainsi qu’un nombre important de conventions fiscales relativement unique en Afrique et vous comprendrez comment ce micro Etat de quelques 1.900 KM carrés est devenu aujourd’hui le premier investisseur en Inde (avec plus de 42 % du total des investissements étrangers). Les analystes font remarquer que si elle l’a fait pour l’Inde, elle peut maintenant raisonnablement espérer devenir rapidement le premier investisseur en Afrique si elle organise pour accueillir les holdings intermédiaires des entrepreneurs désireux d’investir sur le Continent.

Une analyse des risques marchés rigoureuse adaptée à chaque projet

Les institutions et Etats africains ont pris conscience de la nécessité de sécuriser les affaires en Afrique et la plupart des gouvernements s’efforcent d’améliorer le climat des affaires. La question est notamment sous l’angle des garanties offertes à l’investisseur. Les exemples sont nombreux : la Charte des Investissement la CEMAC établie en 1999, le site officiel de Djibouti dédié aux Investissements étrangers, le code d’investissement de l’East African Community de 2006, le Code des incitations aux investissements de Tunisie actualisé de la loi de finances pour 2008 en Tunisie.

Notons également le rôle inestimable de l’OHADA qui poursuit comme objectif principal l’unification du droit des affaires afin d’augmenter la sécurité juridique et judiciaire des activités économiques, de restaurer la confiance des investisseurs et de faciliter les échanges entre les Etats Parties. L’acte uniforme relatif au droit de l’arbitrage de l’OHADA adopté en 1999 est un outil simple, moderne et adapté, applicable à tout différend interne ou international qui permet d’assurer aux entreprises la liberté de commerce et la sécurité juridique qu’elle recherchent. Dans le même esprit, l’objectif général de la réforme du droit OHADA des sûretés vise principalement à améliorer l’environnement du droit des investissements de l’espace OHADA.

En résumé, pourquoi ne pas faire confiance aux entreprises qui ont réussi leurs stratégies africaines qui assurent qu’il n’est pas plus risqué d’investir en Afrique qu’en Chine ou qu’en Inde, …à condition de structurer correctement son projet d’investissement et de bénéficier d’un accompagnement approprié ?

Par François De Senneville

FDSFrançois de Senneville a rejoint Fieldfisher Paris en janvier 2016, en qualité d’associé pour y créer, développer et diriger son pôle d’expertises dédié à l’Afrique. Passionné par l’Afrique, François est reconnu pour son expertise en matière de fiscalité internationale, et de droit des affaires africain (notamment OHADA). Il assiste depuis plus de vingt-cinq ans de grands groupes internationaux dans leurs projets de développement, de réorganisation de leurs activités internationales et de structuration de leurs acquisitions. Avant de rejoindre Fielfdfisher Paris, François a dirigé le Pôle Fiscal Afrique Francophone du cabinet Deloitte entre 2008 et 2012 et conseillait ses clients dans le cadre de leur implantation et de leur développement à travers 17 pays d’Afrique francophone. A partir de 2012 il crée et développe le Desk Afrique du cabinet Lazareff Le Bars, dédié au droit fiscal et au droit des affaires ainsi qu’à l’arbitrage international.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked ( required )