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Les ambitions de la Turquie en Afrique

Ankara ne fait pas les choses à moitié. En effet, bien que sa représentation diplomatique ne touche pas tous les états africains, la Turquie souhaite y asseoir sa présence dans tous les domaines, notamment économique, comme le montre l’accroissement des investissements turcs dans de nombreux pays du continent noir.

Des liens historiques et culturels

Les liens historiques et culturels de la Turquie avec l’Afrique ont contribué à établir des relations étroites avec ce continent. En effet, dans le cadre de leur  politique d’ouverture à l’Afrique qui a commencé en 1998, la Turquie est déterminée à accroitre et développer ses relations politiques, économiques, commerciales et culturelles avec les pays africains. 

Dans ce contexte, une stratégie de développement des relations économiques avec les pays africains a été préparée en 2003 par le Sous-secrétariat d’État au Commerce extérieur et par la suite « l’Année de l’Afrique» a été déclarée en 2005 par le Gouvernement turc. La Turquie a obtenu le statut d’observateur à l’Union Africaine la même année. 

La politique étrangère de la Turquie vers l’Afrique ne repose pas seulement sur les objectifs économiques et commerciaux mutuellement avantageux, mais intègre également une approche globale qui inclut le développement de l’Afrique par une assistance technique sur base de projets dans les domaines comme la lutte contre les maladies, le développement agricole, l’irrigation, l’énergie et l’éducation et le flux régulier d’aide humanitaire. 

Une stratégie globale de développement

Le chef du département Afrique du Ministère des Affaires étrangères de la République de Turquie, M. Hilni Ege Turemen, chargé des politiques africaines, a fait part de l’option de son pays visant à renforcer ses relations avec les pays africains, particulièrement au sud du Sahara, à travers l’établissement de partenariats mutuellement profitables.

Ainsi, devant des représentants de la presse sénégalaise en visite à Ankara, en début février, le diplomate turc dont le département gère 18 pays africains, a expliqué que son pays a été obligé de faire ce choix stratégique après la guerre froide qui a occasionné un déplacement du centre de gravité économique mondiale vers le bassin de la méditerranée.

En effet, il a clairement affiché la volonté de son pays d’améliorer ses relations avec les pays africains, en rappelant les positions pro-africaines de la Turquie dans les différents forums internationaux, notamment à l’ONU, où il rappellera qu’elle a été le porte-parole de l’Afrique en 2009 et 2010, lorsqu’elle a occupé un siège au Conseil de sécurité des Nations unies.

Son objectif premier est d’aider avant tout au développement des populations. Il n’en demeure pas moins que les investisseurs turcs sont de plus en plus nombreux en terre africaine. Le démontre par exemple, la présence du président turc Erdogan en janvier 2015  à Mogadiscio en Somalie pour inaugurer le nouvel aéroport. Un exemple des nombreux investissements turcs en Afrique, une stratégie de long terme alors que les portes de l’Europe semble fermées pour encore un moment. Objectif : gagner des marchés et de l’influence.

Pour que le secteur privée, motrice de son économie, joue pleinement son rôle pour l’essor de ses entreprises dans un environnement défavorable, la Turquie est contrainte à partir de 2016, à opérer des réformes de deuxième génération caractérisées par la recherche-développement et l’innovation technologique. Grâce à la capitalisation de la crise de 2000 en Turquie, le pays a pu résister à celle de 2008. Aujourd’hui elle est dans la classe des pays à revenu moyen et son objectif est de passer au rang de pays à revenu élevé.

Septième économie en Europe et 18ième dans le monde, la Turquie a réussi grâce à ses réformes à tripler son PIB entre 2002 et 2015 avec un PNB de 2500$/ht. Elle projette un taux de croissance élevé entre 2016 et 2022 pour atteindre un PNB de 25000$/ht en 2023.

La Turquie ne veut pas être en reste en ayant sa part des marchés africains, d’autant plus que ses entreprises sont compétitives sur la scène internationale. Elle veut se poser comme un modèle de relations internationales.

La rédaction

 (image en une : archives)

 

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