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Les agences au coeur du modèle bancaire dans les pays émergents

La nouvelle édition de l’étude Banking Survey Emerging Markets menée depuis 2010 par le cabinet Nouvelles Donnes, couvrant 66 pays, 840 banques et 280 400 agences, met en avant une stabilisation des réseaux bancaires dans les pays émergents, alors même que les situations des acteurs et des territoires sont de plus en plus contrastées. Dans ce contexte, les banques françaises, fortement concurrencées par des acteurs locaux, ont tout intérêt à accélérer leur développement à l’étranger pour consolider leur position actuelle. Pour la première fois depuis sa création, l’étude se penche également sur les perspectives de croissance des réseaux bancaires d’ici à 2020.

(@Nouvelle Donne)

(@Nouvelles Donnes)

Dans un environnement international en berne, touché par la crise, les ouvertures d’agences se sont stabilisées à 7,7% en 2013, après cinq années de ralentissement. Depuis 2007, 90 000 agences ont été créées au sein des pays émergents. Avec des situations qui sont toutefois de plus en plus contrastées : si près d’une banque sur deux a poursuivi sa croissance, dans le même temps, près d’une banque sur quatre a réduit son parc d’agences de 10%.
Hors BRIC, malgré une expansion moyenne des réseaux proche de 50% entre 2008 et 2013, le revenu moyen par agence des acteurs des pays émergents a dans le même temps progressé de 10%. Les banques évoluant au sein de ces territoires atteignent ainsi un niveau de PNB par agence moyen de 2,1 millions d’euros.

Globalement, depuis sept ans, les revenus par agence (hors effet de change et inflation) ont été préservés, voire améliorés. Un niveau de revenus qui est très homogène sur des territoires présentant pourtant des disparités allant de 1 à 15, tant en termes de maillage, que de PIB par habitant. Les revenus par point de vente sont similaires à ceux des banques évoluant en France (3,1 m€ pour BNPP, 2,4 m€ pour le Crédit Agricole ou 2,6 m€ pour le groupe Société Générale) traduisant l’attrait et l’importance de la bancarisation de ces territoires.

Une dynamique de bancarisation des pays émergents  disparate en fonction des zones géographiques. 

En Asie, la croissance des réseaux bancaires repart à la hausse en 2013 pour s’établir à 7%. En raison des difficultés des banques vietnamiennes et thaïlandaises, le nombre d’acteurs qui font progresser leur parc a toutefois diminué de 20 points.

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En Afrique Subsaharienne, on assiste à une stabilité de la croissance des réseaux bancaires (16%) en 2013, qui s’explique par la dynamique des principaux acteurs Panafricains. Ceux-ci représentent en effet près de 60% des 15 000 agences de la zone. Preuve de ce dynamisme, neuf nouvelles banques ont été créées en 2013 et une banque sur cinq a reçu un agrément au cours des huit dernières années. A l’opposé, l’Amérique Latine enregistre sa plus mauvaise performance depuis 2007. Avec une croissance moyenne de 1,6% des réseaux bancaires, la baisse de la croissance économique s’est retranscrite dans la moindre dynamique des réseaux. Néanmoins, en termes de « laboratoire »l’Amérique Latine offre les modèles les plus riches, lui permettant de générer des revenus par point de vente de plus de 3 millions, loin devant l’Europe de l’Est ou l’Asie. Après deux années de croissance, les banques du Moyen-Orient ont, elles aussi, ralenti leur expansion (4,5% en moyenne en 2013). Dans cette zone, les banques sont épargnées par la crise et très peu ont fermé des agences en raison d’une économie principalement basée sur l’exportation de matières premières. L’Europe de l’Est, avec une décélération continue depuis sept ans, demeure la « zone malade » et enregistre sa plus mauvaise performance en 2013. En moyenne, les 190 banques analysées ont vu leur parc d’agences diminuer de 3,8%. Cette région est la seule zone en décroissance en termes de parc d’agences parmi les économies émergentes. Concernant l’Afrique du Nord, la décélération se poursuit après des années de croissance. En dépit de l’impact indirect de la crise européenne et du Printemps arabe, la croissance des réseaux bancaires y est quasi-stable (1,8%). La région est celle qui génère les revenus par point de vente les moins élevés en raison d’un modèle de distribution très classique et d’une stratégie d’expansion très agressive (notamment au Maroc).

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La situation des banques françaises dans les pays émergents : investir ou partir ?

Au sein des pays émergents, les groupes français comptabilisent 7 100 agences, principalement basées en Europe de l’Est et en Afrique. C’est d’ailleurs en Afrique du Nord que les banques françaises ont mené l’essentiel de leur expansion entre 2007 et 2013 avec l’ouverture de plus de 600 agences. Elles occupent pourtant une position d’ « outsiders » au sein de cette région puisqu’elles doivent faire face à la concurrence d’acteurs locaux souvent concentrés sur une seule zone géographique. En Afrique Subsaharienne, par exemple, les groupes français ont été supplantés par des banques marocaines comme Attijariwaffa, acteur le plus dynamique sur la zone d’Afrique du Nord.

La rédaction 

(crédits images : Nouvelles Donnes)

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