dimanche, 4/12/2016 | 9:19 UTC+1
Afrique Inside Un média 100% numérique
You are here:  / À LA UNE / Culture / Le Royaume Baoulé : de la Reine Abla Pokou au Roi Kouakou Anougblé III
Awoulae+TANOE+Amon+Roi+de+Grand-Bassam+Roi+des+N’Zima+Kotoko+de+Côte+d’Ivoire

Le Royaume Baoulé : de la Reine Abla Pokou au Roi Kouakou Anougblé III

L’arrivée des Baoulé, composés des Alanguira ou Denkyera et des Assabou, en Côte d’Ivoire actuelle, s’inscrit dans le contexte de la victoire des Ashanti sur les Denkyera en 1701. La capitale du Royaume Baoulé ou Oualèbo, qui signifie « sous l’arbre Oualè » ou encore « c’est ici le début de tout » a été installé par la Reine Abla Pokou en 1730 à Sakassou, dans le Centre ivoirien. Après le décès en mars dernier du 12éme roi des Baoulé, retour sur l’histoire successorale de ce royaume.

L’épopée de la Reine Pokou

L’histoire de l’exode d’une partie de ces populations vers la Côte d’Ivoire actuelle fait l’objet d’une merveilleuse légende, celle de la reine Pokou. Peuple de Côte d’Ivoire, d’origine akan, établi dans le centre du pays, à la jonction de la savane et de la zone forestière.

Sous le règne d’Ossei Toutou (ou Osei) naît Abla Pokou qui devait, entraînant une partie de son peuple, devenir l’ancêtre respectée d’une des plus grandes ethnies de la Côte d’Ivoire, les Baoulé. Abla Pokou est considéré comme une des figures marquantes de l’épopée héroique de l’Afrique. Le fait mérite d’être souligné, car peu de peuples reconnaissent une femme comme étant à l’origine de leur histoire. La Yennega voltaique (burkinabè), pour vénérée qu’elle soit en pays mossi, constitue seulement une sorte de transition entre la royauté paternelle et celle que va reprendre son fils. Toute autre est la reine Pokou, mère du peuple baoulé. Selon les chants qui lui sont consacrés « ce fut elle qui enfantera son peuple elle et elle seule ». Abla ou Abra Pokou naît au début du XVIIIè siècle. Elle est la petite nièce par les femmes du grand Ossei Toutou. A la mort de celui-ci, le cousin de la jeune fille, Opokou Waré, monte sur le trône. Soeur du roi, Pokou a tout pour faire la plus grande carrière que peut espérer une femme ashanti.

Selon la légende, Abraha Pokou, reine baoulé, dut s’enfuir avec ses partisans hors de Kumasi, la capitale du puissant royaume Ashanti, à la suite d’une guerre de succession. Au cours de l’exode, les fugitifs furent brusquement arrêtés par un grand fleuve qui leur barrait la route. Pour sauver son peuple, Pokou donna son enfant en sacrifice. Ils purent alors tous traverser le fleuve et allèrent ensuite s’installer sur un nouveau territoire, devenu aujourd’hui la Côte d’Ivoire.

Trois siècles de siège

Ce trône qui perdure depuis 3 siècles (1730-2016) a vu succéder à sa tête pendant ce long règne, douze têtes couronnées, dont deux femmes. Depuis l’installation du royaume Baoulé à Sakassou dans la moitié du 18ème siècle en Côte d’Ivoire, plusieurs Reines et Rois se sont succédés à sa tête.

Le royaume baoulé est fortement décentralisé et composé d’une confédération de tribus. Les membres du clan royal Walèbo exercent les pouvoirs régionaux les plus importants en mémoire du rôle prépondérant joué par la Reine Abla Pokou lors de l’exode. Celle-ci, pour mémoire, a instauré dans le cadre de la royauté une organisation en lignage matrilinéaire.

Ce système confère à la femme une place de choix dans la structure sociopolitique traditionnelle qui épouse une forme pyramidale. On trouve du sommet à la base : le Roi, le chef de clan, le chef de village et le chef de famille. La société comporte deux structures qui se superposent : la structure verticale qui met en exergue le rang social et la structure horizontale qui indique les couches sociales.

La reine Abla Pokou a régné de 1730 à 1760, soit 30 ans de pouvoir avant la Reine Akoua Bony qui a pris la relève de 1760 à 1790 à qui a succédéle Roi Kouakou Djiê 1er (1790 à 1820).

Nanan Kouamé Toto tient à son tour les reines du royaume de 1820 à 1840. En cinquième position se trouve le Roi Kouakou Anougblé 1er qui régna de 1840 à 1870 puis suit Nanan Toto Diby qui a exercé le pouvoir royal de 1870 à 1880. Le Roi Anougblé Diêkê régna ensuite de 1880 à 1890 et le Roi KouaméTchêkê 1er de 1890 à 1902.

De 1902 à 1925 vient en 9ème position, le Roi Kouadio N’Dri. Nanan Kouakou Anoungblé II monta à sontour sur le trône de 1925 à 1958. Nanan Kouakou Djiê II, l’avant dernier à avoir régné à ce jour, a veillé sur le siège Baoulé de 1959 à 1978.

Le 12ème Roi des Baoulé, Nanan Kouakou Anougblé III (1995-2016), que le peuple baoulé pleure, a été inhumé dans la pure tradition Baoulé, après l’hommage de la nation ivoirienne au défunt roi, en présence du président Alassane Ouattara le lundi 7 mars 2016.

Il a désormais un successeur. Nanan N’Ga Tanou Monique, la régente de la cour royale, a été désignée comme la 13è Reine du peuple baoulé.

La rédaction

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked ( required )