Afrique Inside Un média 100% numérique
You are here:  / À LA UNE / Société / Le Maroc, leader de la lutte contre le terrorisme au Maghreb

Le Maroc, leader de la lutte contre le terrorisme au Maghreb

Après l’attaque de Tunis, le Maroc réaffirme ses compétences en matière de lutte contre le terrorisme. Fort de sa stratégie sécuritaire, le royaume chérifien constitue un maillon fort de la coopération sécuritaire en Afrique du Nord en proie au djihadisme et à l’activiste de plus en plus marqué de l’Etat islamique.

L’approche sécuritaire marocaine s’est aussi doublée, ces dernières années, d’une vaste réforme du champ religieux.
Doté de près de 20 millions d’euros, un programme de formation d’imams a été lancé en 2008 afin de promouvoir un islam « tolérant » et non violent, basé sur le rite malékite, le rite officiel de l’islam sunnite au Maroc. Ce projet a depuis suscité l’intérêt de plusieurs pays, dont le Mali, et un accord a été signé en 2013 avec Bamako pour la formation de 500 imams maliens.

Rabat est également parvenu à réinsérer certains prédicateurs arrêtés et condamnés dans la foulée des attentats du 16 mai 2003 à Casablanca, comme Mohamed Fizazi, considéré comme un des théoriciens du salafisme jihadiste, un mouvement islamiste radical.

Perpétré par 12 kamikazes issus des bidonvilles de Sidi Moumen, à Casablanca, ces attaques avaient fait 33 morts et profondément marqué le royaume.

Après s’être désolidarisé des attentats pendant son procès, M. Fizazi a été gracié en 2011 avant de tenir un prêche inédit l’an dernier devant le roi Mohammed VI, lors duquel il a insisté sur « l’importance de la sécurité et de la stabilité pour exercer sa foi ».

Huit ans après Casablanca, Marrakech a à son tour été visé en 2011. L’attentat à la bombe, perpétré contre un café de la célèbre place Jemaa el-Fna, a fait 16 morts dont huit touristes français.

Ces derniers mois, le Maroc n’a pas masqué son inquiétude face à la montée du fléau jihadiste: avec près de 2.000 ressortissants ayant rejoint les rangs d’organisations comme l’EI, il fait partie des pays les plus touchés.

Alors que le chômage continue de frapper près d’un jeune Marocain sur trois, selon la Banque mondiale, le royaume est d’autant plus préoccupé par le contexte régional que le tourisme, qui constitue un secteur vital de son économie, pourrait en subir les conséquences.

En 12 ans, de 2002 à 2015, le Maroc a démantelé 132 « cellules terroristes », arrêté 2.720 suspects et fait avorter « 276 projets d’actes terroristes », a affirmé lundi à la presse Abdelhak Khiam, le directeur du Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ), structure inaugurée trois jours plus tôt et qualifiée de « FBI marocain » par les médias.

Les autorités avaient annoncé le 23 mars le démantèlement, le dernier en date, d’une vaste cellule opérant dans une dizaine de villes au total. Ayant prêté allégeance au groupe État islamique (EI), ses membres s’apprêtaient, selon Rabat, à viser des « personnalités » marocaines.

Le Maroc, où les affaires de terrorisme en justice ont plus que doublé en 2014, est « dans un état de veille permanent », a récemment assuré le porte-parole du gouvernement, Mustapha Khalfi. L’an dernier, un nouveau dispositif de sécurité nommé « vigilance » a été inauguré. Si le Maroc apparaît moins menacé que ceux « qui partagent des frontières avec la Libye », en proie au chaos, le risque lié au terrorisme reste très marqué. Le royaume chérifien a renforcé son dispositif sécuritaire, la stratégie marocaine de lutte antiterroriste fait figure d’exemple notamment en raison de ses capacités dans le domaine du renseignement et de prévention. Ces derniers mois, le Maroc a déjoué de nombreuses tentatives d’attentats.

L’expertise marocaine dans la lutte antiterroriste a d’ailleurs favorisé un rapprochement entre Rabat et Paris brouillé depuis un an. En début d’année, la fin de la longue brouille diplomatique avec la France a été présentée par des médias locaux comme une expression de la volonté française de reprendre au plus vite une pleine coopération sécuritaire avec Rabat, dans le sillage des attentats de Paris.

La rédaction

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked ( required )