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Le Burkina Faso sous pression

Au Burkina Faso, après le choc des attentats, l’émotion dans le pays tout entier tandis que l’enquête appuyée par des soutiens internationaux se poursuit. Après l’attaque en novembre dernier dans un hôtel malien, l’attentat de Ouagadougou confronte l’Afrique au défi sécuritaire, une priorité. Mais les pays africains ont-t-ils les moyens de faire face à l’urgence? 

Les visites des chefs d’état et de gouvernements africain se succèdent dans la capitale burkinabé meurtrie vendredi dernier par plusieurs attaques terroristes contre deux hôtel et un restaurant  qui ont ont coûté la vie à 29 personnes. Alors que le président du Bénin est attendu dans quelques heures à Ouagadougou, le Premier ministre du Mali Modibo Keïta, dont le pays est régulièrement confronté à des attaques terroristes, est venu exprimer sa solidarité et livrer dans le même temps un message dimanche :  Bamako et Ouagadougou  doivent « mutualiser » leurs efforts contre le terrorisme, a-t-il affirmé. Le Mali a également connu en novembre dernier  une attaque similaire au Radisson de Bamako faisant 20 morts. Les autorités maliennes plaident ainsi en faveur d’une coopération transfrontalière des autorités administratives et des forces de sécurité. L’idée d’une force d’intervention rapide a été évoquée, mais ce n’est pas la première fois. Le Mali et le Burkina Faso ont intégré le G5 Sahel regroupant plusieurs pays dont la Mauritanie, le Niger, et le Tchad. L’ensemble de ces pays sont fragilisés par les incursions d’Aqmi et de Boko Haram. La création de cette entité à l’initiative du président mauritanien Ould Abdel Aziz était motivée par des préoccupations économiques et sécuritaires mais rien de concret n’en est ressorti. Les attaques successives au Mali et Burkina portent atteintes au climat des affaires dans ces pays dont la relance de l’économie est censée accompagner la transition démocratique. Pour autant , faut-il s’attendre à un sursaut du G5? L’incertitude demeure faute de moyens financiers et logistiques.  Par ailleurs, la guerre contre Boko Haram mobilise encore une force régionale à laquelle le Nigeria et le Bénin participent au côté du Tchad. N’Djamena n’a plus les moyens de soutenir cette coopération sécuritaire souhaitée par Bamako, le pays traverse une grave crise économique, embourbé dans une guerre contre la secte islamiste nigériane. Malgré la présence de l’opération de sécurisation française Barkhane au Sahel qui prend appui au Burkina et au Mali notamment, les tensions sécuritaires persistent. En payant le prix de son engagement contre les groupes terroristes au Sahel et en Syrie, la France avance difficilement sur ces deux fronts distincts. Elle devrait être sollicitée tout comme les Etats-Unis présents dans la région pour soutenir une coopération transfrontalière et régionale. Personne ne mentionne l’Algérie dont le rôle dans les négociations inter-maliennes a été prépondérant. Pourtant, Alger constitue une clef difficile à impliquer dans le lutte armée contre Aqmi hors de ses frontières.

La tâche complexe de Roch Kaboré

Pour le nouveau président du Burkina Faso, Roch Kaboré, le défi sécuritaire alourdit sa tâche. Dans le pays, l’enquête se poursuit pour tenter de lever les zones d’ombre après l’assaut jihadiste qui a fait 29 morts à Ouagadougou. La capitale est placée sous très haute sécurité , l’armée y est déployée sur les principaux axes après cette attaque d’une ampleur inédite dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest. Sur le théâtre de l’attaque, dix-huit enquêteurs français, dont des magistrats et des membres de la police scientifique, épaulent les Burkinabé. Quatorze ou 15 étrangers, dont un enfant de neuf ans, et huit ou sept Burkinabè figurent parmi les victimes du raid qui a frappé vendredi soir plusieurs hôtels et restaurant de Ouagadougou, selon deux bilans divergents communiqués par les autorités du Burkina Faso. Sept corps doivent encore être identifiés. Selon un décompte du ministère de l’Intérieur, 14 étrangers ont été tués dans l’attaque – 4 Canadiens, 3 Ukrainiens, 2 Français, 2 Suisses, 2 Portugais et un Néerlandais – ainsi que 8 Burkinabè. De son côté, le procureur du Burkina Faso, Maïza Sereme, a avancé un bilan de 15 morts parmi des étrangers – 4 Canadiens, 2 Ukrainiens, une Franco-Ukrainienne, 2 Français, 2 Suisses, un Portugais, un Néerlandais, un Américain et un Libyen – et annoncé la mort de 7 Burkinabè. L’attaque a été revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi), qui l’a attribuée au groupe Al-Mourabitoune du chef jihadiste Mokhtar Belmokhtar, selon SITE, une organisation américaine qui surveille les sites internet islamistes.

Le gouvernement a appelé au calme dans un communiqué diffusé par le ministère de l’Intérieur, demandant à la population de ne pas faire d’amalgame entre musulmans et terroristes, après que des personnes porteuses de barbes ont été prises à partie.

La rédaction

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