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Laurent Gbagbo plaide non coupable devant la CPI

L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, premier ex-chef d’Etat à comparaître devant la Cour pénale internationale (CPI), a plaidé non coupable des accusations de crimes contre l’humanité jeudi matin à l’ouverture de son procès.

Gbagbo et son ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé, sont poursuivis pour leur implication dans les violences qui ont suivi l’élection présidentielle de 2010.

L’ex-chef de l’Etat (2000-2010), qui a refusé de céder le pouvoir à l’issue du scrutin remporté par Alassane Ouattara, est accusé d’être à l’origine de la brève guerre civile qui a fait 3.000 morts dans le pays.

La procureure Fatou Bensouda a promis mercredi de faire « jaillir la vérité ». « Nous sommes convaincus que les éléments de preuve que nous avons recueillis seront suffisamment convaincants pour prouver la culpabilité des accusés au-delà de tout doute raisonnable », a-t-elle ajouté.

Laurent Gbagbo, arrêté en avril 2011 et transféré sept mois plus tard à La Haye, reste très influent en Côte d’Ivoire, tout comme son parti, le Front populaire ivoirien (FPI).

Plusieurs centaines de ses partisans se sont rassemblés jeudi matin devant le siège de la CPI, affirmant que l’ancien président était victime de son opposition à la France.

« C’est du néocolonialisme », dit Michèle, une Ivoirienne venue de Paris, où elle vit. « La France est intervenue pour chasser Gbagbo et installer un chef rebelle », ajoute-t-elle.

Alassane Ouattara a pris ses fonctions après l’intervention française qui a mis fin à la guerre civile.

Quatre chefs de crimes contre l’humanité ont été retenus à l’encontre de Laurent Gbagbo, 70 ans, et de Charles Blé Goudé, 44 ans. Les deux hommes sont passibles de la prison à vie.

Les pro-Gbagbo accusent la CPI de partialité dans le dossier ivoirien, allégations dont la procureure Fatou Bensouda s’est défendue mercredi.

« Nous poursuivons nos enquêtes en Côte d’Ivoire », a-t-elle dit. « Mon Bureau ne ménagera pas ses efforts pour que justice soit rendue et que les auteurs de crimes rendent des comptes dans les deux camps », a-t-elle insisté.

Reuters

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