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L’attentat pas exclu dans la disparition de l’avion d’EgyptAir

Aucune hypothèse n’est exclue pour expliquer la disparition d’un Airbus A320 d’EgyptAir assurant la liaison Paris-Le Caire, un ministre égyptien déclarant même que celle d’un attentat était plus vraisemblable que celle d’une défaillance technique.

Le Premier ministre égyptien, Cherif Ismaïl, a déclaré qu’il était trop tôt pour avancer la moindre explication, y compris celle d’un attentat comparable à celui qui a provoqué l’an dernier la chute d’un avion russe peu après son décollage d’Egypte, tuant 224 personnes dans la péninsule du Sinaï.

Son ministre de l’Aviation civile, Cherif Fathi, a estimé néanmoins que l’hypothèse d’un acte terroriste était plus probable que celle d’une défaillance technique.

Selon des responsables américains, l’examen des images satellite n’a pas fourni pour le moment d’élément permettant de parler d’une explosion de l’avion, à bord duquel se trouvaient 66 personnes – 56 passagers, sept membres d’équipage et trois agents de sécurité. Parmi les passagers – dont deux bébés et un enfant – figuraient 30 Égyptiens, 15 Français et des ressortissants de dix autres pays.

Les Etats-Unis, ont dit ces responsables américains, n’excluent aucune possibilité, que ce soit une défaillance technique, un acte terroriste ou un acte délibéré du pilote ou bien d’un ou de plusieurs membres de l’équipage.

Cette incertitude a conduit l’aéroport international de Los Angeles à renforcer ses mesures de sécurité.

« Aucune hypothèse n’est écartée, aucune n’est privilégiée », a dit à Paris le président français, François Hollande.

TEMPS CLAIR

Le ministère égyptien de l’Aviation civile a indiqué tout d’abord que les autorités grecques avaient retrouvé en mer des « objets flottant » et des gilets de sauvetage, à 370 km au sud de la Crète. Cependant, dans la soirée, le vice-président d’EgyptAir, Ahmed Adel, a déclaré à la chaîne de télévision CNN que l’épave de l’appareil n’avait pas été retrouvée.

A Athènes, le ministre grec de la Défense, Panos Kammenos, a expliqué que l’Airbus d’EgyptAir avait viré de 90° vers la gauche, puis effectué une rotation complète et plongé, en passant alors de 37.000 pieds d’altitude à 15.000 (de 11.470 à 4.650 m), avant de disparaître des écrans radar grecs. Rien ne permet pour le moment d’expliquer ces oscillations de cap.

Les contrôleurs aériens grecs ont parlé au pilote alors que l’appareil survolait l’île de Kea, et aucun problème n’avait alors été signalé. Ensuite, alors que le relais devait être passé peu après aux contrôleurs aériens égyptiens, les derniers appels des Grecs sont restés sans réponse.

EgyptAir a précisé sur Twitter que le contact avait été perdu à 02h30 du matin, jeudi. L’appareil se trouvait alors à 280 km de la côte égyptienne et devait atterrir à 03h15.

« Pendant la procédure de transfert à l’espace aérien du Caire, environ sept milles avant que l’avion n’entre dans l’espace aérien du Caire, les contrôleurs grecs ont essayé de contacter le pilote mais il ne répondait pas », a dit à Reuters Kostas Litzerakis, directeur de l’aviation civile grecque.

Le temps était clair au moment de la disparition, d’après les bulletins météo.

Le président égyptien, Abdel Fattah al Sissi, a ordonné au ministère de l’Aviation civile, au centre de recherche et de secours de l’armée, à la marine et à l’armée de l’air de prendre toutes les mesures nécessaires pour localiser les débris de l’appareil.

PARIS DÉPÊCHE UN FALCON 50

Le chef de l’Etat égyptien a demandé en outre à la commission d’enquête mise sur pied par le ministère de l’Aviation civile d’entamer sans attendre ses investigations sur les causes de la disparition de l’appareil.

Les Etats-Unis et la France se sont associés aux recherches, Paris dépêchant sur la zone un Falcon 50 de reconnaissance jusqu’alors assigné à la mission européenne de lutte contre le trafic illicite de migrants en Méditerranée. La marine française devait également envoyer un avion plus grand, un Atlantique 2, et un navire de patrouille.

A Paris, le parquet a ouvert une enquête sur la disparition du vol MS804. Une cellule de crise a été mise en place à Paris et à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, duquel il avait décollé à mercredi à 23h09.

Conformément aux règles édictées par l’Onu, Le Caire aura la responsabilité de l’enquête avec l’assistance de plusieurs pays concernés, dont la France, où l’avion a été assemblé, et les Etats-Unis, où est basé le fabricant des réacteurs Pratt & Whitney qui équipaient l’avion.

Le secrétaire d’Etat aux Transports français, Alain Vidalies, a annoncé que trois membres du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) et un expert d’Airbus étaient partis pour Le Caire.

Airbus indique que l’appareil avait été livré à EgyptAir en novembre 2003 et comptait quelque 48.000 heures de vol. Le pilote avait environ 6.275 heures d’expérience, dont 2.101 sur A320, et le copilote 2.766 heures, a précisé de son côté EgyptAir.

Reuters

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