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L’Algérie à l’assaut du marché africain

En difficulté économique depuis la chute du prix du pétrole, l’Algérie qui était plutôt tournée vers l’Europe a réorienté sa stratégie vers l’Afrique afin de développer ses exportations hors hydrocarbures et de diversifier son économie en temps de crise.

Par Nassim Mecheri, correspondant à Alger

Le gouvernement algérien a compris que pour survivre à la crise actuelle, le pays doit se libérer de l’emprise des hydrocarbures et orienter ses exportations hors hydrocarbures vers sa première destination naturelle, l’Afrique et à développer des investissements algériens dans ce continent qui possède d’énormes potentialités.

L’Afrique constitue aujourd’hui un objectif primordial pour l’Algérie dans ses efforts d’exportation hors hydrocarbures et de diversification de son économie, « l’avenir se trouve dans les marchés africains où l’économie a connu une forte croissance et une demande importante depuis ces dernières années » avait déclaré Abdesslam Bouchouareb le ministre de l’industrie et des mines.

Infrastructures et électrification

L’Algérie possède des atouts pour se placer sur le marché africain en tant que partenaire commercial privilégié grâce à ses infrastructures notamment le projet du grand port du Centre et au dédoublement de la route transsaharienne. L’Algérie envisage également, de participer au programme d’électrification de ce continent, tracé par l’ONU et l’Union africaine à l’horizon 2030.

L’organisation du Forum africain d’investissements et d’affaires en décembre dernier à Alger montre l’importance du marché africain pour l’Algérie, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui avait inauguré les travaux de cette rencontre continentale, a affirmé qu’ « il est temps pour les Africains de s’imposer sur la scène internationale en tant que bloc fort et uni », tout en regrettant la faiblesse des relations commerciales entre les pays de la région, affirmant que les échanges intra régionaux « ne représentent que 10 à 12 % du total du commerce du continent, alors qu’ils atteignent 40% en Amérique du Nord et 60 % en Europe de l’Ouest ».  « L’Afrique ne consomme pas ce qu’elle produit et consomme ce qu’elle ne produit pas », a-t-il appuyé, avant de préciser que les échanges interafricains ont stagné depuis cette dernière décennie, malgré un taux de croissance moyen de 5 % sur la même période.

L’Algérie doit mettre les bouchées double pour rattraper son retard sur le marché africain où sa son volume d’échange avec les pays du continent est estimé à seulement 184 millions de dollars.  Plusieurs opérateurs économiques algériens appellent à leur tour de renforcer le panafricanisme économique et aller vers une nouvelle dynamique à travers, la révision du système financier, revoir la logistique à l’export et le renforcement de la formation dans le domaine de l’investissement. Cet reformes permettraient d’aller vers l’économie internationale.

Pour sa part le président du Forum des chefs d’entreprise Ali Haddad, a réitéré la semaine dernière la dynamique lancée par le Forum africain d’investissement et d’affaires, « pas moins de 28 accords ont été conclus, certains sont déjà en voie de concrétisation », soulignant la nécessité d’imaginer des instruments appropriés  pour conquérir l’Afrique. Ali Haddad a proposé, la mise en place d’un comité national pour l’Afrique sous l’autorité du Premier ministre algérien, la création d’une banque algéro-africaine ainsi que le développement du réseau d’une banque algérienne en Afrique et l’adhésion de l’Algérie aux accords de coopération et de libre-échange interafricains existants à l’instar du Comesa, et le Cédéao.

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