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The Haitian National Police (HNP) with the support of Police serving with the United Nations Stabilization Mission in Haiti (MINUSTAH) analyse drugs at the DCPJ on August 2, 2012. The HNP with the assistance of MINUSTAH and the US Embassy, destroyed 2.27 tons of illegal drugs; 1.606 kg of marijuana and 453 kg of cocaine in Ganthier near Port au Prince on August 3, 2012. After being analysed and inventoried, the drugs were transfered from the DCPJ  in an armed convoy to Ganthier in where they were set alight and destroyed.
Photo Victoria Hazou UN/MINUSTAH

L’ Afrique : terrain fertile par excellence au trafic de drogue

Selon un rapport de l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), l’Afrique est bel et bien une porte d’entrée, une zone de transit pour tous types de drogues qui sont ensuite acheminées vers les Etats-Unis, l’Europe et l’Asie. En effet, en dix ans, l’Afrique de l’Ouest est devenue une plaque tournante du trafic de drogue, l’un des principaux points de passage entre producteurs latino-américains et consommateurs européens. Un phénomène qui engendre une augmentation de la consommation dans la région, avec les risques sociaux, politiques et sanitaires qu’elle comporte.

Une zone tampon

Auparavant, pour alimenter le marché européen, il y avait un transport direct depuis les pays producteurs en Amérique latine vers les pays de consommation. Les forces de police et de douane ont été efficaces, les trafiquants ont donc dû chercher des zones de rebond pour pouvoir continuer à alimenter les marchés européens. L’Afrique de l’Ouest s’est naturellement proposée, par sa forte instabilité politique, parce que les lois ne sont pas toujours appliquées et parce que la gouvernance n’est pas toujours ce qu’elle devrait être. Tous ces facteurs « positifs » pour les réseaux criminels ont été identifiés par les trafiquants. On estime que de 35 à 40 tonnes par an transitent dans la région.

En effet, selon l’OICS, la moitié de la drogue part directement vers l’Europe de l’Ouest tandis qu’une autre partie est stockée dans la sous-région. D’abord pour garder les prix au cours estimés soit environ 80 à 100 euros le gramme de cocaïne dans les capitales européennes; ensuite, parce que quand il y a des saisies, il faut qu’il y ait du stock, pour permettre un fonctionnement à flux tendu. Le marché est régulièrement réapprovisionné. C’est une approche complètement économique. Enfin, une partie de cette cocaïne est vendue en Afrique de l’Ouest dans le but d’y développer un marché de drogués. On estime qu’il y a entre un million et demi et trois millions de drogués dans la région.

Ainsi, l’ouest du continent est utilisé par les trafiquants pour passer la cocaïne, la drogue synthétique, etc. en contrebande vers l’Europe. C’est le cas du Nigeria, de la Côte d’Ivoire et de la Guinée, devenus des pays de fabrication de drogues de synthèse. Il en est de même du Mali d’où provenait une importante quantité de méthamphétamine saisie au Sénégal. Le Nord de la région reste l’une des premières sources des drogues entrant en Europe, tandis que l’Est sert de plus en plus pour le trafic de d’héroïne afghane à destination de l’Europe. C’est le cas notamment de la Tanzanie, du Kenya entre autres.

Les aéronefs commerciaux sont l’un des modes de transport privilégiés pour ce trafic, l’augmentation du nombre de vols commerciaux entre le Brésil et l’Afrique de l’Ouest n’y est pas étrangère.

Le continent africain reste aussi une terre très fertile pour la production de marijuana. L’herbe pousse en effet partout et très bien. Malgré les efforts des autorités, le Maroc est considéré comme l’un des premiers producteurs de cannabis au monde. Et une production importante rime avec consommation. Au Maroc, l’usage de cannabis concerne 12,4 % des personnes âgés de 15 à 64 ans, un chiffre beaucoup plus élevé que le niveau mondial qui est de 3,9%.

Une augmentation du trafic

Dans d’autres sous-régions du continent, la consommation d’héroïne s’est développée. On constate une augmentation très forte de la consommation locale. L’Afrique n’est plus seulement un acteur passif de la transmission. Toutes les classes sociales de la société sont concernées. D’où la priorité de mettre en place très vite des structures chargées d’effectuer des sondages auprès des populations.

Les chiffres de l’Office des nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) nous montre une forte augmentation des saisies en 10 ans. Par exemple, entre 2004 et 2006, le trafic de cocaïne entre l’Afrique de l’Ouest et l’Amérique latine est passé de 4 à 15 tonnes par an, pour atteindre 35 tonnes en 2009. À partir de cette date, les chiffres montrent une stabilisation.

Le problème est que ces données se basent sur les saisies, et l’UNODC a lui-même reconnu qu’il s’agit d’une stabilisation illusoire. Il est certain que le trafic continue à augmenter, mais l’agilité des trafiquants leur a permis de contourner les contrôles. On estime tout de même que la quantité de cocaïne passée en contrebande via l’Afrique de l’Ouest représente 30% du marché européen, pour une valeur de 2 milliards de dollars.

Par ailleurs, un autre problème lié aux ventes par Internet de drogues placées sous contrôle » a fait son apparition sur le continent. En effet, Avec l’augmentation du trafic en ligne, il est plus difficile pour les services de détection et de répression d’identifier les propriétaires et utilisateurs de sites web se livrant au trafic de précurseurs chimiques.

La consommation de cannabis est en première position, devant l’héroïne et concerne 7,5% des personnes âgées de 15 à 64 ans, soit près du double de la moyenne mondiale (3,9%) et est particulièrement forte en Afrique de l’Ouest et du Centre où cette prévalence est de 12,4%. Le trafic et la consommation de drogues en Afrique augmentent alors que les personnes qui en souffrent ne peuvent prétendre à un traitement.

Cette prolifération du trafic de drogue pourrait un jour engendrer un niveau de violence semblable à Amérique Latine. Il y a un risque que la situation dégénère.

La rédaction

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