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La Grande Muraille Verte, faut-il y croire?

La Grande Muraille Verte, un moyen efficace pour lutter contre la désertification, c’est en tout cas le but de ce projet panafricain et transcontinentale. Il s’agit d’ installer une bande « forestière » large de 15 km reliant Dakar à Djibouti sur 7.100 km, cette bande qui traverserait ainsi le continent doit contourner certaines zones difficiles pour se fondre dans des écosystèmes ruraux, le plus souvent.

lagmvL’idée d’une bande forestière pour lutter contre la désertification n’est pas nouvelle, à priori, le projet de la Grande Muraille Verte n’est pas utopique. L’exemple chinois le prouve. La grande muraille verte de Chine qui intègre des plantations forestières existe bel et bien et s’étend sur un territoire de plus de 4000 km de long sur 1000 km de large. Bien évidemment de tels projets requiert une extrême prudence en terme de faisabilité et de planification, il ne faut pas exclure des changements d’orientations; c’est encore le cas pour la ceinture verte algérienne lancée en 1969. A une échelle plus modeste, d’autres initiatives du genre méritent d’être salué en Mauritanie ou Niger, deux pays concernés par la Grande Muraille Verte. Au total, 11 pays de la région sahélo-saharienne sont concernés par ce programme de l’Union africaine : citons le Burkina Faso, Djibouti, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, le Soudan et le Tchad. Soutenue par une pléthore d’institutions régionales et internationales dont l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille crée en 2010, la Grande Muraille Verte constitue le projet le plus ambitieux dans le domaine de la lutte contre la désertification. Elle suscite de nombreuses interrogations sur sa faisabilité et sa mise en oeuvre. Son tracé vise à associer les populations rurales aux défis environnementaux et du développement durable. Lancé en 2007 par les chefs d’état africains, le projet avance très lentement, le rideau végétal est encore loin des 7.100 km. Au niveau des différents pays intégrés à la Grande Muraille Verte, le rythme d’avancement n’est pas homogène en raison de la difficulté de mise en œuvre du projet dans les régions politiquement instables tels que le Mali ou le Soudan, les risques sécuritaires et terroriste dans la zone sahélo-saharienne freinent le suivi et la planification de la GMV.

Le problème du financement

Par ailleurs, le problème du financement reste entier, ce qui fait dire à beaucoup que le projet est trop ambitieux et irréaliste, pourtant il bénéficie du soutien de la banque mondiale et de fonds internationaux. Le coût du projet est estimé à 600 millions de dollars sur 10 ans. Il est vrai que les moyens financiers de l’Union africaine sont très limités. L’institution panafricaine a pris l’habitude de s’engager sur divers projets d’intégration difficile à concrétiser faute de capacités de financement. Par ailleurs, plusieurs pays cherchent encore à financer d’autres projets environnementaux d’envergure considérés comme vitaux en matière de développement durable, citons le projet de transfert des eaux pour sauver le lac Tchad ou encore le désensablement du fleuve Niger. La bande sahélo-saharienne est une région où plus de la moitié de la population vit avec moins de 1,25 dollar par jour et subsiste grâce aux ressources de la terre et à l’élevage. La population s’accroît tandis que les ressources naturelles se dégradent à grande vitesse en partie à cause du changement climatique. Il existe également au niveau local, un élan réfractaire, en cause : le modèle de développement qui privilégie les plantations d’arbustes, ce que les éleveurs voient d’un mauvais oeil compte tenu des coûts inhérents de l’élevage. Enfin la réussite d’un tel projet repose sur des choix scientifiques. En tout, une trentaine d’arbres ont été identifiés. A N’Djamena, 160 000 arbres résistants à la chaleur dont des acacias sont plantés, ailleurs on privilégie l’utilité sociale des arbres tels que l’acacia Sénégal source de gomme arabique ou encore le dattier du désert source d’huile comestibles. Les arbres plantés pourront être utilisé pour construire des maisons. Une approche holistique est donc nécessaire pour assure le succès de la GMV, planter des arbres ne peut être suffisant.

La rédaction

Image une /@CNRS

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