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La « gig economy » mondiale : et les travailleurs africains du numérique dans tout cela?

Gare au danger du « capitalisme parasitique » où les activités des entreprises du numérique ne profitent que marginalement aux endroits où elles sont implantées et où les travailleurs sur plateformes sont laissés pour compte. Le professeur Graham, expert du numérique et professeur à Oxford, met en lumière les opportunités et les défis du nouveau monde numérique pour les travailleurs africains

Par la rédaction

Lors d’une conférence à Dakar sur une Nouvelle Afrique organisée par Global Union, Le professeur Graham plaide en faveur d’une implication forte des syndicats pour protéger les travailleurs de la jungle numérique et propose une alternative et des solutions sur la base d’une réflexion relayée dans son article récent « Digital Labour and Develoment » (main d’œuvre numérique et développement) et de son rapport « The Risks and Rewards of Online Gig Work At the Global Margins » (risques et récompenses du travail à la tâche en ligne à la marge de la mondialisation).

« Nous pourrions imaginer des organisations attachées à la transparence et identifiant des bonnes pratiques qui veilleraient à ce que les travailleurs reçoivent des salaires de subsistance et une protection sociale et économique suffisante et ne soient pas exposés à des risques indus. En d’autres termes, une fondation du travail équitable au lieu d’une fondation du commerce équitable – qui vérifierait et certifierait ce genre de choses. » affirme-t-il et ajoute « Nous pouvons aussi mettre à profit ce que nous savons de la nature socialement désintégrée de ce travail pour insister afin qu’une part plus importante de ces activités soit canalisée par le biais d’entreprises sociales, d’organisations à but non lucratif et bien sûr de coopératives n’appartenant pas à l’économie sur plateforme et respectant le droit du travail local. »

« La dispersion géographique des plateformes de travail numérique les rend extrêmement difficiles à réglementer. Beaucoup de gens prospèrent dans un tel environnement. Mais le rôle de la réglementation du travail devrait être d’aider les plus vulnérables. Une solution pourrait consister à définir le statut d’emploi au lieu où le service est effectivement fourni. Pourquoi un employeur basé en Allemagne ou aux Etats-Unis pourrait-il échapper à la législation du travail et aux normes minimales simplement parce qu’il utilise une plateforme numérique pour se connecter avec un travailleur ? »

Un syndicat transnational des travailleurs du numérique

Le professeur Graham suggère la création d’un syndicat transnational des travailleurs du numérique afin de définir les contours d’une identité professionnelle commune. « Un rôle explicite pour un syndicat des travailleurs du numérique pourrait être de donner à ces travailleurs très divers, travailleurs à temps partiel, travailleurs temporaires, à temps plein, entrepreneurs, etc., une conscience de classe » précise-t-il. Et cela dans le but de mettre en lumière la précarité et els risques liés à la libre entreprise. 

Le professeur Graham reste toutefois optimiste à propos du futur monde du travail malgré les lourds défis à relever signalant que certains pays d’Afrique prennent des initiatives, c’est le cas du Nigeria, dont le gouvernement a mis au point un programme appelé ‘microtravail pour la création d’emplois’. Le gouvernement du Kenya envisage une action similaire.

Objectif : imaginer dessiner une géographie du travail numérique pour envisager et rechercher un avenir différent et plus juste pour les travailleurs d’Afrique et du reste du monde.

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