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La France, terre de précarité pour les migrants subsahariens

Au bout du voyage des migrants, la précarité. c’est ce que révèle une enquête publiée ce mercredi par l’Institut national d’études démographiques (Ined). En France, la moitié des migrants d’Afrique subsaharienne n’ont toujours pas de situation stable six ans après leur arrivée dans le pays.

L’enquête a été menée entre 2012 et 2013 et porte sur 513 personnes d’Afrique subsaharienne arrivées  en France entre 1972 et 2011 et principalement issues de l’ouest du continent – Cameroun, Congo (RDC et Brazzaville), Guinée, Côte d’Ivoire, Mali, ou encore Sénégal.

Elle permet de quantifier les difficultés que ces dernières ont pu rencontré. Premier constat l’état de précarité au bout de plusieurs années passées en France. Obtenir un titre de séjour, un logement personnel, un travail, trois critères de stabilité mais une mission impossible.

Après onze à douze ans en métropole, un quart des hommes et femmes étudiés, qu’ils soient migrants économiques, réfugiés ou viennent rejoindre leur famille, n’ont toujours pas réuni ces trois éléments.

Il faut entre trois et quatre ans à la moitié des personnes interrogées pour obtenir un titre administratif autorisant un séjour d’au moins un an, (trois ans pour les femmes, quatre pour les hommes).

Toujours dans la moitié des cas, l’obtention d’un logement personnel prend deux à trois ans. Pour un quart des hommes installés, il prend en outre la forme d’une chambre en foyer de travailleurs.

Cas particuliers, les étudiants qui poursuivent un diplôme du supérieur en France, et surtout les étudiantes, obtiennent plus rapidement un logement et un titre de séjour.

Pour plus d’un tiers des hommes, l’entrée sur le marché du travail se fait par de « petits boulots ». L’obtention d’un emploi, déclaré ou non, qui permette à lui seul de subvenir aux besoins prend lui aussi plusieurs années en moyenne.

« Cette longue période de précarité après l’arrivée en France tient plus aux conditions d’accueil (longueur du processus de régularisation, marché du travail segmenté, discriminations) qu’aux caractéristiques individuelles des arrivants », dit l’étude.

« La situation des migrants subsahariens finit par se stabiliser, mais pour beaucoup d’entre eux, c’est au prix du passage par une longue période d’insécurité », poursuit-elle.

Loin de se résorber, ces difficultés s’accentuent depuis quelques années. L’accès au logement est de plus en plus tardif pour les femmes, celui à un emploi prend de plus en plus de temps pour les hommes.

Le rapport publié  dans la revue « Populations et Sociétés » de l’Ined ne prend pas en compte les migrants qui sont repartis, ou ont été expulsés.

La rédaction

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