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Idole des Congolais et roi de la rumba, Papa Wemba est mort sur scène

Artiste africain emblématique et haut en couleur, roi de la rumba congolaise, Papa Wemba est mort sur scène dimanche au petit matin, après s’être effondré en plein concert à Abidjan, où il participait au Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (Femua).

Légende de la musique congolaise, Papa Wemba « est mort dans la nuit », a déclaré à l’AFP Salif Traoré, dit A’Salfo, le leader du groupe ivoirien Magic System, promoteur du Femua. Il s’est effondré vingt minutes après le début de sa performance.

« Papa Wemba voulait mourir sur scène, c’est ce qu’il m’a confié il y a deux semaines au téléphone », a ajouté A’Salfo. Selon un journaliste qui l’a interviewé dans sa chambre d’hôtel avant le concert, a-t-il encore témoigné, « Papa Wemba présentait des signes de fatigue. Il buvait de l’eau à chaque phrase ».

Le malaise a été retransmis en direct par la chaîne de télévision ivoirienne RTI-1. Sur les images, tournées vers 5 heures du matin (même heure GMT), on voit l’artiste, coiffé d’un haut de forme rond de couleur rouge, s’effondrer à l’arrière-plan alors que ses cinq danseuses continuent à se déhancher sur le devant de la scène. Elles se précipitent alors pour secourir l’artiste, tandis que les rejoint un membre de la Croix-Rouge.

Père de six enfants, dandy s’habillant chez les grands couturiers, Papa Wemba était depuis plus de 40 ans un des chanteurs africains les plus populaires. Voix haut perchée et personnalité flamboyante, il était une des grandes figures de la rumba congolaise et le prince de la SAPE (Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes), mouvement dont il a été l’un des initiateurs au Zaïre dans les années 70 et qui se caractérise par les plus grandes audaces vestimentaires.

De Paris à Kinshasa, les hommages au « rossignol » de la musique congolaise se sont multipliés. En République démocratique du Congo, le ministre de la Culture Banza Mukalay s’est dit « surpris » et « attristé », évoquant « une grande perte pour la musique ». « C’est une icône, un artiste de talent, un modèle qui vient de partir », a-t-il encore déclaré à l’AFP, assurant que « les dispositions sont prises pour que ses funérailles se passent dignement ».

Sur Twitter, de nombreux fans comparaient la nouvelle au choc provoqué jeudi soir par le décès de la star américaine Prince.

– ‘Il était tout pour nous’ –

Dans les rues de Kinshasa, les Congolais pleuraient leur héros national. « Papa Wemba était tout pour nous Kinois: il a imposé son style dans la coiffure, dans l’habillement », réagissait ainsi Denis Bokolo, ajoutant: « C’est un artiste de haute facture, une star pour notre pays. Pour preuve, il a été le seul à être invité de notre pays pour cette manifestation de la Femua. (…) Il est mort l’arme à la main. »

Sur Twitter, le rappeur français Passi envoyait lui aussi ses pensées à l’artiste congolais : »Merci pour ta voix, tes chansons, ta sympathie et pour cet héritage artistique merci pour tout… »

Papa Wemba était l’un des artistes africains de renom invités de la Femua 2016, première grande manifestation culturelle ivoirienne après l’attentat qui a fait 19 morts mi-mars dans la station balnéaire de Grand-Bassam.

Né en 1949 sous le nom de Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba, Papa Wemba tenait sa passion du chant de sa mère, une « pleureuse » qu’il accompagnait aux veillées funèbres.

Après des débuts dans des chorales religieuses, il arrive à Kinshasa à la fin des années 60 où il participe, en 1969, à la création d’un des principaux groupes zaïrois des années 70, Zaïko Langa Langa, qui dépoussière la rumba traditionnelle. En 1977, il crée le groupe Viva La Musica et devient une star en Afrique centrale.

Dans les années 80, les producteurs européens s’intéressent à lui. Il finit par s’installer en France en 1986 et au début des années 90 se lie avec Peter Gabriel, sur le label duquel il sort trois disques.

Dans les années 2000, il se fait connaître dans la rubrique faits divers avec une condamnation en France pour aide au séjour irrégulier d’étrangers sous couvert de ses activités musicales. Il a passé plus de trois mois en détention en 2003 dans le cadre de cette affaire.

AFP

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