dimanche, 11/12/2016 | 1:17 UTC+1
Afrique Inside Un média 100% numérique
You are here:  / À LA UNE / Politique / Gabon-présidentielle : la France accusée d’ingérence, bourde du PS?

Gabon-présidentielle : la France accusée d’ingérence, bourde du PS?

Le parti socialiste français a exprimé sa position dans un communiqué en faveur du candidat Jean Ping , suscitant la polémique dans la presse. Le pouvoir français est ainsi soupçonné d’ingérence au Gabon comme l’époque de feu Omar Bongo rappelant les heures sombres d’une françafrique révolue.

Le PS estime qu' »une alternance (au Gabon) serait signe de bonne santé démocratique et un exemple » selon le communiqué publié dimanche soir et reproduit mardi par des journaux gabonais d’opposition qui se félicitent de sa teneur, le PS indiquait qu’il serait d’une « extrême vigilance » à l’heure des résultats ajoutant, « voilà plus d’un demi-siècle que la famille Bongo gouverne le Gabon.

Une déclaration qui intervient alors que les résultats officiels ne pas encore connus. c’est ce mardi après-midi que l’issue du scrutin du 27 août devrait être connu. Le communiqué du PS envenime une situation déjà très tendue surtout après la proclamation de victoire de Jean Ping dimanche dernier.

Les camps du président sortant Ali Bongo Ondimba, et de son principal rival Jean Ping, ex-cacique du régime du défunt Omar Bongo revendiquent en effet tous les deux la victoire.

Par son communiqué, le PS semble prendre position en faveur de Jean Ping, pourtant un cacique du régime Omar Bongo souligne le quotidien national gabonais L’Union proche du pouvoir qui dénonce une « intervention scandaleuse et délirante dans les affaires intérieures du Gabon » du parti au pouvoir dans l’ancienne puissance coloniale.

« Ces spécialistes du Gabon des bords de Seine » appellent « à éloigner la famille Bongo du pouvoir, sauf que le principal adversaire du Président a fait lui-même partie de cette famille, puisqu’il est le père des enfants de la grande soeur » d’Ali Bongo, ajoute L’Union.

A contrario, la presse d’opposition exultait: « Le parti socialiste français reconnaît la victoire de Ping », titre ainsi en une La Loupe.

Les Echos du Nord juge de son côté que « pour le PS en France, BOA (Bongo Ondimba Ali) est battu. L’emploi du conditionnel dans le texte est tout simplement une convenance diplomatique ».

Après les déclarations du Premier ministre français Manuel Valls sur l’élection controversée d’Ali Bongo en 2009, le Gabon et la France avaient frôlé la brouille diplomatique. c’est au tour de Jean-Christophe Cambadélis premier secrétaire du Parti socialiste de jeter de l’huile sur le feu avant l’annonce officielle des résultats et au lendemain d’un rapport sévère de la mission de l’UE sur la transparence des organes de gestion de la présidentielle. Pour beaucoup, le PS prend sa revanche car en 2009, l’opposition gabonaise avait accusé le président français d’alors, Nicolas Sarkozy (droite) d’avoir pesé pour l’élection d’Ali Bongo après le décès d’Omar Bongo qui avait dirigé le pays pendant 41 ans. L’opposition avait violemment contesté cette élection, notamment à Port-Gentil, la capitale économique du pays où le consulat de France avait été incendié.

La rédaction

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked ( required )