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Gabon : le point sur la situation, retour au calme partiel

Au Gabon, des centaines de militaires et de policiers ont été déployés vendredi dans la capitale gabonaise, Libreville, dont les habitants ont commencé à sortir dans les rues après deux jours d’émeutes provoquées par l’annonce de la réélection du président Ali Bongo.

Les violences qui ont éclaté mercredi au Gabon dans le petit pays d’Afrique centrale ont fait cinq morts, a déclaré vendredi le porte-parole du chef de l’Etat, Alain-Claude Bilie By Nze, et les forces de sécurité à Libreville ont procédé à 1.100 arrestations jeudi après-midi, selon le ministre de l’Intérieur.
Au pouvoir depuis la mort en 2009 de son père Omar Bongo, qui a passé 42 ans à la tête du pays, Ali Bongo a été déclaré réélu mercredi par la commission électorale (Cenap) avec 49,80% des voix contre 48,23% pour Jean Ping.

Ce dernier revendique la victoire, jugeant le résultat truqué, et a appelé la communauté internationale à intervenir.

Une vingtaine de ses partisans, dont un ancien vice-président, restaient vendredi à l’intérieur de son QG encerclé par les forces de l’ordre.

Des soldats, venus renforcer les effectifs de police jeudi, se sont déployés à des carrefours de la capitale tandis que la Garde républicaine s’est postée près du palais présidentiel. Des policiers anti-émeutes patrouillent dans les rues.

Des magasins du centre-ville ont rouvert et la circulation a lentement repris son rythme habituel. Des habitants disent toutefois craindre une reprise des violences.

L’accès à internet reste bloqué, une mesure prise par les autorités pour empêcher l’opposition d’utiliser les réseaux sociaux pour organiser de nouveaux rassemblements, selon une source gouvernementale. Des habitants de Libreville rapportent qu’il est également impossible d’envoyer des SMS.

PARIS CHERCHE UNE « SOLUTION RAPIDE »

Les ambassades de France et des Etats-Unis ont conseillé à leurs ressortissants de rester chez eux.
A Paris, les autorités françaises ont fait savoir qu’elles étaient « en contact avec toutes les parties » afin de « trouver une solution rapide » à la crise politique.

La France demande également aux autorités gabonaises de rendre leur liberté de mouvement aux responsables de l’opposition présents au QG de campagne de Jean Ping.

« La situation actuelle des responsables de l’opposition qui se trouvent au quartier général de la campagne de M. Jean Ping dans des conditions sanitaires difficiles et en dehors de tout cadre juridique, présente un risque humanitaire », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, selon un communiqué de ces services.

Selon le porte-parole d’Ali Bongo, le QG a été encerclé car les forces de l’ordre ont été attaquées depuis le bâtiment et les opposants à l’intérieur disposent de grenades.

Jean Ping a démenti que ses soutiens soient armés.

Des manifestants ont incendié mercredi le parlement quelques heures après la proclamation des résultats. L’intérieur de l’Assemblée a été complètement détruit. Tables et sièges ont été réduits en cendres, selon un témoin.

Des chaînes de télévision, des supermarchés, des magasins et des maisons ont été pillés lors des émeutes à Libreville. Le ministre de l’Intérieur, Pacôme Moubelet Boubeya, a indiqué que des heurts avaient éclaté dans d’autres villes et provinces du pays.

La France, les Etats-Unis et l’Union européenne ont demandé la publication bureau par bureau des résultats du scrutin pour plus de transparence, une requête qu’a rejetée le porte-parole d’Ali Bongo jeudi.

Reuters

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