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Gabon : la réélection d’Ali Bongo à la présidentielle avec 49,85%

Comme en 2009, Ali Bongo Ondimba remporte avec une avance très serrée l’élection présidentielle au Gabon avec 49,85% des voix contre 48,23% pour son rival Jean Ping selon la commission électorale. La Commission électorale nationale autonome et paritaire (CENAP) s’est réunie vers 19H00 mardi soir. Il s’agit des résultats provisoires annoncés par la commission et contestés par l’opposition.

Au coeur des délibérations marathons, la province du Haut-Ogooué où Ali Bongo aurait fait la différence dans cette élection face à son principal rival Jean Ping à la faveur d’un fort taux de participation 99,99% dans le fief des Bongo.

Au total 628.000 électeurs étaient appelés à voter dans 2580 bureaux dispersés dans les provinces du pays. La campagne a été musclée et s’est résumée à un duel entre deux camps celui de Jean Ping et d’Ali Bongo. Difficile d’exister pour les autres candidats en lice: Raymond Ndong Sima, 61 ans, Pierre-Claver Maganga Moussavou, 64 ans, Dieudonné Minlama Mintogo, 48 ans, Paul Mba Abessole, le doyen des candidats à 77 ans, Augustin Moussavou King, Abaa Minko Laurent Désiré, Ella Nguema Gérard et Mbombe Nzoudou Abel d’exister.

Elu en 2009 face au candidat Andre Mba Obame, décédé le 12 avril 2015, Ali Bongo réitère en 2016 face à un autre rival dans ce scrutin à un tour, Jean Ping, ex-cacique du régime feu Omar Bongo et accessoirement son ex-beau-frère. Une affaire de famille… un règlement de compte pour beaucoup d’observateurs.

Pendant la campagne que la mission d’observation européenne a jugé déséquilibré au bénéfice du président-candidat, le ton s’est durci de jour en jour laissant craindre le pire. D’ailleurs, l’UE a expressément demandé une publication des résultats bureau de vote par bureau de vote.

L’élection s’est déroulée dans une atmosphère très tendue. Mardi le pouvoir a dénoncé une tentative de corruption des membres de la CENAP par le camp de Jean Ping avec la complicité d’un conseiller du président Alassane Ouattara et une tentative de déstabilisation du pays par les réseaux Françafrique proche de Jean Ping et le Parti socialiste français à travers un communiqué de soutien au principal candidat de l’opposition. Pour sa part, la présidence ivoirienne a annoncé avoir limogé le conseiller Mamadi Diané.

Les yeux se tournent maintenant vers l’opposition et Jean Ping qui rejettent ces résultats. Il faut s’attendre à une contestation de grande envergure voire une crise post-électorale et peut-être des violences comme en 2009. Reste à savoir si l’opposition va exprimer son mécontentement dans la rue ou par voie légale c’est-à-dire par un recours à la Cour Constitutionnelle qui doit valider les résultats officiels de l’élection présidentielle. Dans la capitale Libreville, les forces de sécurité sont déployés , les rues quasi-vides, la plupart des entreprises et des magasins fermés pour la circonstance.

Ali Bongo a été réélu pour un second mandat sur la bases de certaines promesses, la poursuite des réformes économiques, sociales et politiques. Mais la première étape de son second mandat sera de relever le défi de la réconciliation nationale tant la présidentielle a été synonyme de fracture entre le pouvoir et l’opposition.

La rédaction

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