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Gabon : au moins 5 morts, Jean Ping réfugié dans une ambassade

Jusqu’à quand la crise post-électorale va durer au Gabon. Le pays compte déjà 5 morts, la ville dde Libreville est quadrillée par les forces de sécurité et la tension persiste surtout dans les quartiers pro-ping et au niveau du QG de Jean Ping où plusieurs leaders de l’opposition sont retranchés tandis que Jean Ping s’est réfugié dans une ambassade.

Deux civils  sont morts dans la nuit de jeudi à vendredi dans le quartier de Nzeng Ayong, théâtre d’affrontements jeudi soir entre des manifestants et les forces de l’ordre, selon deux journalistes de l’AFP. Bekam Ella Edzang, étudiant en droit de 27 ans, est mort vendredi matin des suites d’une blessure par balles à l’abdomen après avoir été opéré à la polyclinique Chambrier dans le quartier de Montagne-Sainte. « Il a été blessé jeudi soir vers 21H00 (20H00 GMT) à Nzeng Ayong par la garde républicaine qui a tiré des gaz lacrymogènes et des balles réelles », a indiqué à l’AFP devant l’hôpital un homme se présentant comme un ami d’enfance

Un autre jeune, Axel Messa, 28 ans, a été tué par balles jeudi soir dans ce même quartier, le plus grand de la capitale. Le corps a été emmené vers la morgue par un véhicule de l’armée. Auparavant, la dépouille avait été portée dans le quartier sur un brancard de fortune par des habitants en colère, enveloppée dans le drapeau du Gabon. « Ils ont trouvé mon fils devant la porte, sur la route. Une voiture noire est arrivée. Ils ont baissé la vitre, ils étaient deux, ils ont tiré deux coups », a déclaré sa mère à l’AFPTV.

Selon le ministère de l’intérieur, plus d’un millier de personnes ont été interpellées dans tous le pays. Entre 600 et 800 personnes à Libreville, la capitale et 200 à 300 personnes ailleurs. Les autorités font état de pillages et dégradations dans Libreville et sa banlieue, à Charbonnage, derrière la prison, PK8, PK12, Nzeng Ayong. L’Agence France Presse annonce également  des heurts à Lambaréné, Oyem et Bitam.

A Lambaréné situé dans le centre du pays , le ministre de l’Intérieur Pacôme Moubelet-Boubeyla,  a évoqué un barrage sur un pont et plusieurs édifices incendiés dont la mairie, une information confirmée par l’AFP.

Le pays est quasiment à l’arrêt et bon nombre de gabonais ont fait le plein de réserves pour faire face à la pénurie des denrées alimentaires. Les magasins de la villes, les stations-services sont fermées. Les tensions sont vives à Port-Gentil, la capitale économique théâtre de violences en 2009.

Selon les autorités, les pertes s’élèvent à plusieurs centaine de milliards de FCFA.

Un bras de fer au QG de Jean Ping

Si les autorités affirment ne pas être dépassées, la situation demeure inquiétante. Un bras de fer s’est engagé devant le QG de Jean Ping. A l’intérieur, 27 opposants dont Zacharie Myboto, ancien ministre gabonais retenus à l’intérieur dans des conditions précaires. Les forces de sécurité postées devant le QG soupçonnent la présence d’armes à l’intérieur. Pendant ce temps, Jean Ping se serait réfugié à l’abri au sein d’une ambassade africaine situé près de son QG.

L’opposition réclame le recompte des voix bureaux de vote par bureau de vote, soutenue par Washington, Paris et l’UE. Jean Ping demande  à Ali Bongo de reconnaître sa défaite. Le pouvoir gabonais refuse catégoriquement et invoque  la loi électorale du pays, qui ne prévoit pas cette procédure. Jeudi, le président gabonais Ali Bongo a qualifié ses adversaires de « groupuscules formés à la destruction ». Son porte-parole Alain-Claude Bilie By Nze a appelé Jean Ping à la retenue comme Bruno Ben Moubamba, 3ème de la présidentielle selon la commission électorale. Tout en contestant la victoire d’Ali Bongo, ce dernier  a formellement condamné Jean Ping accusé d’entretenir la colère de ses partisans.

La rédaction

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