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Gabon : Ali Bongo lance son « dialogue politique » avant les législatives, sans Jean Ping

Il avait annoncé un dialogue politique inclusif sans tabou juste après son élection. Le président du Gabon Ali Bongo lance ce mardi une nouvelle plateforme de dialogue sans Jean Ping, son rival. Six mois après la validation de sa réélection le 24 septembre par la Cour constitutionnelle, M. Bongo tend la main aux forces vives gabonaises encore très marquées par une grave crise post-électorale, dans le but de préparer les législatives en juillet prochain.

Par la rédaction

Jamais le pays n’avait connu de telles violences post-électorales. Après l’annonce de sa victoire, la colère des partisans de Jean Ping, opposant et rival d’Ali Bongo avaient exprimé leur désarroi dans la rue au prix d’affrontements avec les forces de l’ordre. Six mois après cette vague de violences, le Gabon tente de tourner la page. Malgré le boycott du parti de l’opposition, la Coalition pour la nouvelle République (CNR) et de son leader Jean Ping qui se proclame toujours président, le dialogue devrait voir la participation de 1.200 « organisations » officiellement enregistrées et d’une cinquantaine de partis politiques, affirment les autorités du pays.

A Paris la semaine dernière sur invitation du patronat français, le premier ministre M. Issoze Ngondet s’est montré confiant alors qu’il menait avec une forte délégation gabonaise une opération séduction auprès des investisseurs français. Libreville cherche à diversifier ses partenariats, Inde et Chine en tête. Et ces dernières années, les entreprises françaises en ont ressenti les effets, elles sont nombreuses à accuser des retards de paiement. A cela s’ajoute la chute des cours de pétrole qui a freiné l’économie locale sans oublier les tensions diplomatiques entre Paris et Libreville issues de la présidentielle.

Toujours préoccupée par ses intérêts économiques au Gabon, la France a salué la tenue du dialogue politique national. « La préparation des prochaines élections législatives est une opportunité pour que les différentes sensibilités politiques prennent des engagements en faveur de la démocratie et l’État de droit au Gabon. Une facilitation internationale pourrait utilement être mobilisée » a affirmé le quai d’Orsay.

Outre le dialogue politique, l’objectif de la plateforme de réconciliation est d’apaiser les tensions sociales dans un climat marqué par des grèves dans l’enseignement notamment. L’issue des discussions politiques devrait aboutir sur plusieurs réformes constitutionnelles promises par Ali Bongo. Parmi elles, la limitation du nombre de mandats présidentiels de sept ans, l’ élection présidentielle à deux tours et non plus un seul, le rétablissement d’un poste de vice-président, le rôle de la commission électorale et de la Cour constitutionnelle, deux institutions particulièrement décriées par l’opposition lors de la présidentielle.

Ce dialogue politique national n’est pas une première dans le pays, il intervient à quelques mois d’une échéance électorale susceptible de conforter le pouvoir en place.

Crédits image en une : @AFRIQUEINSIDE

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