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F. Hollande: “La France et l’Afrique ont besoin l’une de l’autre”

La France n’est plus maître incontesté dans ce qu’il est communément d’usage d’appeler son pré-carré , l’Afrique francophone. De plus sa compétitivité en Afrique anglophone et lusophone peine à décoller face à la conquête offensive menée par les pays émergents. Elle perd du terrain sur le continent africain et entend bien combler le gap dans un contexte de crise latente et de récession en Europe.

Décomplexer la coopération économique franco-africaine et poser les jalons d’un nouveau partenariat économique : le défi est incontournable tandis que la Chine , l’Inde , le Brésil ou encore les pays du golfe tissent aisément leurs toiles en Afrique.
La conférence organisée à Bercy par le ministère des finances et de l’économie et le Medef international s’est déclinée en multiples panels consacrés au développement d’une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France. Plusieurs chefs d’Etat ont marqué leurs présence au côté de leur hôte français: Macky Sall pour le Sénégal , Alassane Ouattara pour la Côte d’Ivoire , Jakaya Kikwete pour la Tanzanie.

Fil rouge du sommet économique : le rapport de la commission Hubert Védrine , ex-ministre des affaires étrangère de la France. Ont contribué à sa rédaction 5 personnalités du monde politique et économique dont Lionel ZINSOU, franco-béninois, PDG de Pai Partners , Jean-Michel SEVERINO, Gérant de Investisseurs et partenaires Conseil et ancien directeur de l’Agence française de développement , Hakim EL KARAOUI, franco-tunisien, associé dans le cabinet Roland Berger Consultants et Tidjane THIAM, franco- ivoirien, directeur général de Prudential. Résultat : le constat est sévère.
Entre 2000 et 2011, la part de marché de la France au Sud du Sahara a décliné de 10,1% à 4,7%, constate le rapport .
Celui-ci préconise 15 propositions pour relancer le partenariat franco-africain en berne.

Facilitation des visas économiques et doublement des échanges

La mission suggère notamment de rénover les procédures de visas économiques et leur mise en oeuvre.
A la clôture du sommet économique , le président français François Hollande a tenu à rappeler que les visas économiques octroyés aux travailleurs étrangers avaient augmenté de 13 % en 18 mois.
“La France et l’Afrique ont besoin l’un de l’autre… le partenariat sud-sud est essentiel mais le partenariat Nord-sud aussi .”a-t-il argumenté.
Le Rapport Védrine préconise en outre de doubler les échanges avec le continent africain , importations et exportations inclus. Dans cet optique , on estime que 200 000 emplois pourraient être ainsi crées.

Un partenariat d’égal à égal

Alors que certains observateurs africains soulignent l’ambiguïté des derniers rapports sur la coopération franco-africaine . Le rapport récemment publié par le Sénat et intitulé “l’Afrique est notre avenir” laissent planer le doute sur la volonté française de sortir du vieux schéma de l’affairisme issue de la Françafrique.
François Hollande a pris soin de calmer les esprits en arguant “ être une entreprise française ne donne pas tous les droits. Celles-ci doivent faire leurs preuves et suivre les procédures”
Jean -Kakou Diagou président du patronat ivoirien et PDG de NSIA , un groupe de banque -assurance va plus loin. Les entreprises françaises doivent mobiliser les ressources humaines du continent africain. “ Elles doivent travailler avec des experts africains , pas seulement des expatriés”
Un partenariat gagnant – gagnant et décomplexé pour faire du business, gageons que le message livré par les opérateurs économiques et les leaders politiques du continent africain est passé.

Création d’une fondation franco-africaine

Une fondation franco-africaine dédiées aux entreprises devrait voir le jour l’année prochaine. François Hollande a missionné Lionel Zinsou , PDG de Paipartners.
“ Le président m’a remercié d’avoir accepté de m’occuper de la préfiguration de cette fondation qu’il veut voir sortir de terre d’ici quelques semaines , quelques mois. J’ai la charge dans la suite du rapport qui recommandait de faire une fondation pour animer le dialogue, les projets, le travail des talents français et africains.
Lorsque tout sera prêt, on remettra aux pouvoirs publics français et africains les statuts, un concept , un nom et il choisiront leur gouvernant.
Lionel Zinsou a salué la participation massive des chefs d’entreprises, 250 entrepreneurs africains , au sommet économique Afrique-France en attendant la suite les 6 et 7 décembre à l’Elysée où il sera question de la paix et de la sécurité, deux conditions préalables au développement durable et à la croissance.

Par Samantha Ramsamy 

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