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Egypte: une constitution taillée sur mesure pour l’armée

Ce sont des pouvoirs très étendus dont devrait disposer l’armée en cas de vote favorable à propos du projet de nouvelle constitution pour le pays. Si ce ne sont pas les pleins pouvoirs, il n’en reste pas moins qu’un certain nombre de prérogatives, d’ordinaires attribuées à d’autres organes, seront entre les mains des forces armées. Judiciaire, exécutif et législatif seront des domaines dans lesquels l’armée pourra intervenir.

Dans le détail plusieurs articles provoquent le mécontentement d’un certain nombre d’égyptiens. Le projet de Constitution prévoit que ni le gouvernement, ni le parlement n’auront droit de regard sur le budget de l’armée. Rien de nouveau dans les faits, si ce n’est que cette fois cela devrait figurer de façon officielle.

Des tribunaux militaires pour juger les civils
Des tribunaux militaires pourront être mis en place pour juger des civils qui auraient manqué de respect à l’institution. Cet article fait craindre à beaucoup une restriction de la liberté de manifestation et d’expression. Alors qu’après la chute d’Hosni Moubarak en 2011, les langues s’étaient déliées et la parole libérée, les voix pourraient bien désormais se taire. Le dernier article très contesté concerne la nomination du ministre de la défense. Durant les huit prochaines années il devra se faire, seulement avec l’accord du Conseil suprême des forces armées. C’est pour l’heure le général Abdel Fattah al-Sissi, commandant en chef de l’armée et vice-Premier ministre qui dirige véritablement le pays. Le texte fondamental, adopté à la majorité des voix de la commission constituante doit ensuite être validé par le chef de l’Etat par interim, Adly Mansour. Un référendum pour la fin décembre mois ou au début 2014 que le référendum devrait être organisé.

Mais les mouvements de contestation, moins nombreux depuis le mois de septembre, ont repris ces derniers jours. Dimanche ce sont plus de 2000 étudiants, sympathisants des frères musulmans, qui se sont rassemblés sur la célèbre place Tahrir. L’armée et la police les ont violemment réprimés.

Du côté des mouvements libéraux et laïcs, même son de cloche. Les opposants entendent organiser des manifestations et pousser le peuple égyptien à voter non. Des initiatives qui risquent de se heurter à l’intransigeance du pouvoir. Depuis juillet, la répression a fait plus d’un millier de morts et des centaines d’égyptiens sont toujours détenus pour le simple fait d’avoir manifesté ou critiqué le pouvoir.

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