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Direct-Burkina Faso : le chef d’état-major des armées aurait pris le pouvoir selon une source proche de la présidence

Selon une source proche de la présidence du Burkina Faso contactée par Afrique Inside, le général des armées burkinabè aurait pris le pouvoir en destituant l’actuel président Blaise Compaoré. La télévision nationale sous contrôle des manifestants n’émet plus, et le site du ministère de la défense burkinabè est inaccessible.  Et cela après que les manifestants se sont dirigés vers la présidence malgré la présence des forces de l’ordre qui ont tiré sur eux. La vague contestataire contre Blaise Compaoré au pouvoir depuis 27 ans s’est amplifiée ces trois derniers jours. Dans la matinée, un millier de manifestants se sont dirigés vers l’assemblée nationale qu’ils ont saccagé alors que les députés s’apprêtaient à voter le projet de loi sur une révision constitutionnelle pour permettre à l’actuel président Blaise Compaoré de briguer un nouveau mandat présidentiel en 2015.  Un projet de loi annulé mais cela ne semble pas arrêter l’opposition qui maintient la pression…

Il semble que que Blaise Compaoré aurait été destitué par l’armée. Selon une source proche de la présidence contactée par Afrique Inside, le chef d’état major des armées aurait pris le pouvoir. Des tractations seraient en cours dans le but d’officialiser le départ de Blaise Compaoré. Les événements se sont accélérés dans la matinée après le siège de l’Assemblée nationale saccagé par des manifestants en colère. La vague contestataire s’est ensuite dirigée vers la présidence où ils se sont opposés aux forces de l’ordre. Les forces de sécurité chargées de protéger le secteur près du palais présidentiel burkinabé ont tiré des coups de feu et des gaz lacrymogènes à l’approche de manifestants, selon des sources diplomatiques et auprès des services de sécurité. Les forces du sécurité qui gardaient la maison du frère du président Blaise Compaoré ont ouvert le feu alors que les manifestants tentaient de s’emparer de la propriété, laissant trois corps gisant sans mouvement sur le sol, selon des témoins. Le bilan des victimes s’alourdit. Une personne est décédée dans la matinée. C’est justement ce jeudi matin que les députés devaient voter le projet de loi portant sur la modification de l’article 37 de la constitution limitant le nombre mandat présidentiel à deux. Un vote annulé. Le gouvernement avait pourtant  renoncé au projet de loi après l’assaut contre le Parlement.  L’actuel président Blaise Compaoré envisageait de briguer un cinquième mandat consécutif, ce que lui interdit la loi fondamentale. L’opposition avait prévenu et menacé de marcher sur l’assemblée nationale. Ces derniers jours, la tension était montée d’un cran faisant craindre des violences. Mardi dernier, une manifestation de grande ampleur avait réuni près d’un million de protestataires dans tout le pays selon des chiffres de l’opposition. Là encore, des émeutes se sont déroulées dans la capitale Ouagadougou. Les forces de l’ordre ont usé de gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Même chose aujourd’hui, par ailleurs, les manifestants ont pris possession des locaux de la télévision nationale. Le frère de Blaise Compaoré a été arrêté à l’aéroport alors qu’il tentait selon toute vraisemblance de quitter le pays.

Le chef de file de l’opposition Zéphirin Diabré avait lancé plusieurs avertissements face à l’entêtement du pouvoir. Celui-ci a tenté par la voie du dialogue de convaincre le camp adverse de laisser une porte ouverte à l’actuel président. Mais c’est plutôt la porte de sortie que lui ont indiqué les cadres de l’opposition. Il était même question d ‘un référendum, ce qui a eu pour effet de mettre encore plus le feu aux poudres. Blaise Compaoré a déjà exercé deux septennats (1992-1998 et 1998-2005), et son deuxième quinquennat  devait s’achever en 2015. En s’entêtant, le chef de l’état burkinabè a plongé le pays dans l’instabilité. Déjà en 2011, le pays avait été ébranlé par l’une des pires crises que Blaise Compaoré a connu depuis sa prise de pouvoir par la force il y a 27 ans après le renversement de Thomas Sankara assassiné. Une année marquée par une mutinerie dans l’armée et une vague de contestation sociale. Ce jeudi 30 octobre, en marchant sur l’assemblée nationale, l’opposition a franchi un pas, menaçant de faire « tomber » le régime Compaoré, pris au piège et se risquant même à la répression.

La rédaction

(Crédits images : AFP/ Issouf Sanogo)

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