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De nouveaux partenariats publics-privés au service de la santé en Afrique

Si l’augmentation des dépenses en soins de santé dans les secteurs public et privé sur le continent africain a amélioré les indicateurs de la santé et l’espérance de vie. De nouveaux modèles de partenariats public-privé pourraient changer le visage des soins de santé en Afrique, ce qui aurait permis de sauver deux fois plus de femmes et d’enfants.

Le secteur privé de la santé ainsi que les organisations non gouvernementales (ONG) sont bien placés pour contribuer à améliorer les soins de santé à travers le continent, et bien que des partenariats public-privé (PPP) aient été mis en place, ils doivent être intensifiés si l’Afrique veut surmonter les défis auxquelles elle est confrontée en matière de santé.

Valter Adão, responsable de Deloitte Digital Africa et de Healthcare and Life Sciences, a déclaré : « Les dépenses de soins de santé sont souvent considérables en termes de dollars, mais faibles au regard du PIB, comme au Nigeria ; ou alors, le rapport est raisonnablement comparable aux pays d’Europe, mais les résultats sont médiocres, comme en Afrique du Sud. »

« La différence avec les modèles traditionnels de PPP, c’est que les destinataires ne sont pas les gouvernements, mais plutôt les propriétaires ou les responsables de la mise en œuvre et peut-être même les investisseurs de ces solutions », a récemment déclaré Valter Adão dans le cadre du Forum économique mondial.

« Ces mauvais résultats reflètent les défis à surmonter en matière de gouvernance et de leadership », a indiqué Thakker. « Les allocations budgétaires dans un certain nombre de pays africains sont relativement importantes, mais malheureusement les inefficacités réduisent considérablement leur impact. »

« Nous aurions sauvé deux fois plus de femmes et d’enfants si les gouvernements étaient efficaces », a ajouté Thakker.

Une nouvelle stratégie de PPP

La Fédération africaine de la santé a proposé une nouvelle stratégie de PPP pour le continent, à mettre en œuvre en trois étapes.

La P1 comprendra un dialogue entre le gouvernement et les fédérations du secteur privé afin de clarifier les rôles et de s’entendre sur une vision commune.

La P2 comprendra la création ou l’adaptation des cadres réglementaires et des obligations contractuelles et l’institutionnalisation des actes de PPP.

La P3 constituera la phase de mise en œuvre du projet, qui comprendra la construction et l’utilisation des projets et produits, suivies de l’évaluation de la mise en commun des informations et des études de cas.

Actuellement, les gouvernements sont considérés comme des clients et doivent parfois financer et mettre en œuvre des produits et des projets.

« Prenez exemple sur les entreprises privées mondiales qui innovent. Bon nombre d’innovateurs de premier plan ont adopté le concept d’innovation ouverte, qui consiste à définir le produit ou les problèmes sociétaux qu’ils souhaitent résoudre, puis à tirer parti d’« intervenants externes » pour développer les solutions potentielles, et chacun participe ainsi à la production de la solution », suggère Adão.

« Et si le gouvernement abandonnait ce rôle de client pour devenir promoteur et que le client à servir devenait le citoyen ? Les gouvernements définissent le problème et permettent alors aux entreprises, aux micro-entreprises ou aux ONG de participer. »

Au lieu de cela, les gouvernements pourraient plutôt identifier les défis de santé à résoudre, définir les contraintes de conception, superviser et évaluer les résultats souhaités et favoriser l’innovation afin de permettre le déploiement rapide et proportionné des solutions.

Selon lui, les bénéficiaires seraient les citoyens tandis que la propriété et l’investissement dans les solutions reposeraient entre les mains des entreprises privées et des ONG. Le rôle du gouvernement consisterait à soutenir l’environnement et les risques seraient assumés par l’entité qui emploierait la solution.

« Il existe un univers technologique qui n’attend qu’à bouleverser le domaine des soins de santé de façon positive », signale Adão.

« Ces technologies pourraient permettre de relever les défis du continent en matière de santé et contribuer à la croissance économique, à la création d’emplois et à l’augmentation des investissements ».

Les PPP novateurs exigent l’aval des gouvernements et Thakker soutient que la bonne volonté politique « est bien meilleure qu’il y a 10 ans ».

« Les intervenants prennent conscience que deux valent mieux qu’un », conclut-il.

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