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Crise politique au Burkina Faso : défaite de la médiation

L’opposition burkinabè refuse de céder face au pouvoir. La rencontre de lundi entre les deux parties en présence du médiateur s’est achevée dans une atmosphère tendue. Le camp de l’opposition a quitté la table des négociations en exigeant que la majorité soit mandatée par Blaise Compaoré lui-même pour poursuivre les discussions.

L’opposition a mis ainsi sa menace à exécution puisque lors des derniers rounds de négociations, elle avait promis de se retirer si la majorité ne présentait pas un mandat du président Blaise Compaoré, l’autorisant à parler en son nom. Ce à quoi la majorité a répondu par la négative.

Il s’agissait de la 4e rencontre organisée par la médiation dirigée par l’ancien président Jean-Baptiste Ouedraogo. A l’origine de la crise politique burkinabè, l’article 37 de la Constitution limitant le nombre de mandats présidentiels à deux. L’opposition soupçonne l’actuel président Blaise Compaoré de manoeuvrer pour modifier le texte, ce qui lui ouvrirait la voie à un cinquième mandat. Par conséquent, elle estime que les négociations avec la majorité au pouvoir nécessitent l’aval de Blaise Compaoré, « seul intercoluteur » selon Zéphirin Diabré, le chef de file de l’opposition. Du côté de la majorité, on argumente que le président est au-dessus des partis.

Le groupe de facilitateurs résigné

Si l’opposition et la majorité se sont quittés dos à dos, les deux camps ne ferment pas complètement la porte et se disent prêts à poursuivre le dialogue sous certaines conditions. Mais pas sûr que le groupe de médiateurs suivent. Si le dialogue politique devait reprendre, il faudrait alors un nouveau cadre de concertation.

La médiation auto-saisie à la fin du mois de janvier sous la houlette de Jean-Baptiste Ouédraogo s’apprête à jeter l’éponge. Ses membres ont prévu de s’exprimer cet après-midi pour annoncer officiellement la fin de leur mission. « La médiation à échoué face aux positions intransigeantes et inconciliables des parties prenantes », a déclaré l’ancien président burkinabè Jean-Baptiste Ouédraogo. Pour ce dernier, un consensus semble peu probable dans l’immédiat.

Dans un rapport, le groupe de facilitateurs avait invité Blaise Compaoré à quitter le pouvoir à l’issue de son mandat en 2015 en proposant l’adoption d’un mécanisme pour lui permettre de préparer sa sortie, l’ouverture d’une transition démocratique apaisée au terme de son mandat, des garanties de sécurité et enfin l’acceptation d’une formule de sénat aménagé en concertation avec l’opposition.

Arrivé au pouvoir en 1987 par un coup d’état, M. Compaoré a effectué deux septennats (1991 et 1998) avant qu’un amendement modifiant la durée du mandat présidentiel ne lui permette d’être élu pour deux quinquennats (2005 et 2010). Pour l’heure, le flou demeure sur ses futures intentions.

Véronique Mansour

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